Alors que le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle à Paris touche à sa fin, une avancée majeure prend forme en Afrique de l’Ouest. Le 7 février 2025, à Lomé, l’ARCEP Togo et l’ARTCI (Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire) ont officialisé un partenariat bilatéral historique, en présence de Kalil Konaté, ministre ivoirien de la Transition numérique. Cet accord, fruit de quatre jours d’échanges intensifs, vise à harmoniser les politiques de régulation et à accélérer la transformation numérique régionale.
Une coopération ancrée dans l’action
L’accord ne se limite pas à des déclarations d’intention. Il établit un cadre pérenne de dialogue stratégique entre les deux régulateurs, avec des axes concrets :
• Régulation par la donnée : L’ARCEP Togo a présenté sa méthode, qui a permis d’étendre la couverture réseau de 15% depuis 2022 et de réduire les tarifs des services mobiles de 20% en trois ans.
• Transparence tarifaire : Harmonisation des mécanismes de contrôle des coûts pour les consommateurs, incluant des seuils de qualité de service (QoS) alignés sur les standards internationaux.
• Innovation technologique : Partage d’expertise sur la gouvernance des données, l’itinérance communautaire et les systèmes de management certifiés ISO 9001-2015, comme celui déployé par l’ARCEP Togo.
De Lomé à Paris : une diplomatie numérique proactive
Signé deux jours avant le Sommet parisien sur l’IA, cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large. Kalil Konaté, après avoir représenté la Côte d’Ivoire à Lomé, a poursuivi les négociations en France, soulignant l’importance d’une régulation équilibrée entre innovation et protection des consommateurs. Cette synergie répond aux défis soulevés lors du séminaire Fratel 2024, où la BCEAO avait plaidé pour l’interopérabilité des paiements mobiles en Afrique de l’Ouest.
Les leviers concrets de la collaboration
La délégation ivoirienne, composée de Souleymane Diakité Coty (Président de l’ARTCI) et Lakoun Ouattara (Directeur général de l’ARTCI), a étudié les outils technologiques togolais, comme le centre de supervision de la qualité de service, un pilier de la régulation par la donnée. Ces échanges ont également porté sur :
• La dématérialisation des procédures commerciales, déjà testée au Togo pour réduire les délais d’import-export.
• La protection des consommateurs, avec des mécanismes de sanction contre les opérateurs non conformes, inspirés des campagnes semestrielles de l’ARCEP.
Perspectives : vers un marché intégré ?
Cet accord ouvre la voie à une intégration régionale renforcée. Les deux pays ambitionnent de créer un écosystème numérique compétitif, facilitant les investissements transfrontaliers et l’émergence de startups panafricaines. La Côte d’Ivoire, qui a adopté en juin 2024 une loi modernisant son secteur des télécommunications, pourrait s’inspirer du modèle togolais pour accélérer sa propre transformation.
La Rédaction

