Le Togo confirme son rôle moteur dans la dynamique d’intégration ouest-africaine en organisant un atelier national consacré à la Vision Prospective 2040 de l’UEMOA et à son Plan Stratégique 2025-2030 (Impact 2030). Cet événement, orchestré par le ministère de l’Économie et des Finances, illustre la volonté du pays d’accélérer l’appropriation collective des feuilles de route destinées à transformer l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) en un espace innovant et résilient.
Une vision ambitieuse pour une union transformée
La Vision Prospective 2040, fruit d’une démarche participative associant États membres, secteur privé et société civile, dessine les contours d’une communauté économique intégrée, capable de rivaliser à l’échelle continentale et mondiale. Son élaboration s’appuie sur un diagnostic rigoureux des enjeux structurels de la région : transition démographique, digitalisation accélérée, urgence climatique et mutations géoéconomiques.
Trois piliers structurent cette ambition :
- Compétitivité industrielle et innovation : Priorité à la diversification économique via des écosystèmes industriels régionaux, notamment dans l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et les technologies numériques.
- Inclusion sociale et infrastructures durables : Modernisation des réseaux de santé, éducation et transport, couplée à une protection sociale adaptée aux populations vulnérables.
- Leadership institutionnel renouvelé : Réforme de la gouvernance de l’UEMOA pour en faire un acteur clé de l’intégration africaine, en synergie avec la CEDEAO et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Impact 2030 : douze leviers pour une décennie décisive
Pour concrétiser cette vision, le Plan Stratégique 2025-2030
(Impact 2030) identifie des projets structurants, dont :
- La création de pôles industriels transfrontaliers stimulant les chaînes de valeur régionales.
- Un fonds dédié à l’entrepreneuriat jeune et féminin, ciblant 30 % de taux de bancarisation additionnel d’ici 2030.
- L’harmonisation des législations sur le commerce numérique et la sécurisation des paiements transfrontaliers.
- Un mécanisme de cofinancement public-privé pour les infrastructures énergétiques, visant à réduire de 40 % le déficit d’accès à l’électricité.
Le Togo, laboratoire de l’intégration
Sous l’impulsion d’Akou Mawusse Adetou Afidenyigba, directrice de cabinet du ministère de l’Économie, le pays positionne ses réformes nationales (notamment le Plan National de Développement 2025-2029) comme un accélérateur des priorités de l’UEMOA. Exemple phare : le corridor logistique Lomé-Ouagadougou, modèle de coopération en matière de connectivité régionale.
Paul Koffi Koffi, Commissaire de l’UEMOA, a souligné lors de l’atelier la nécessité d’une « mutualisation disruptive » : «L’agilité de l’Union passera par une réallocation des ressources vers des projets à fort impact commun, comme la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf). »
Défis et synergies à venir
L’atelier a mis en lumière les obstacles persistants : divergences réglementaires, asymétries économiques entre États membres et financements encore trop dépendants de l’aide extérieure. Pour y répondre, les participants ont plaidé pour :
- Un observatoire régional des compétences afin d’adapter les formations aux besoins des filières prioritaires.
- L’instauration de clauses de progrès social dans les appels d’offres publics communautaires.
- Un renforcement des systèmes de suivi-évaluation, avec des indicateurs alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Avec l’appui de partenaires comme la Banque mondiale et la BAD, l’UEMOA entend capitaliser sur cet élan pour incarner une nouvelle génération d’organisations régionales – agiles, centrées sur les résultats et ancrées dans les réalités locales. Le Togo, en mobilisant ses experts et son secteur privé, montre la voie d’une intégration par l’action.
Prochaine étape : la finalisation d’une plateforme digitale collaborative pour assurer le suivi transfrontalier des projets, attendue d’ici fin 2025.
La Rédaction

