La presse saoudienne ne cache pas son enthousiasme à l’égard du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Lors de la journée d’investiture, l’ancien président a improvisé quelques pas de danse en brandissant un sabre, un geste interprété comme une évocation de son célèbre voyage à Riyad en 2017. Mais derrière ce clin d’œil se cachent des attentes financières considérables.
Une danse chargée de symboles
Lundi 20 janvier, lors des célébrations de son investiture, Donald Trump a effectué une brève danse avec un sabre en main. Le site saoudien Al-Sabq y voit un hommage évident à son passage en Arabie saoudite en 2017, lorsqu’il avait pris part à l’ardha, la traditionnelle danse du sabre, en présence du roi Salmane et du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS). À l’époque, Riyad avait été la première destination internationale de Trump en tant que président, un geste qui avait marqué les esprits.
Pour la presse saoudienne, ce clin d’œil semble augurer de bonnes relations futures entre Washington et Riyad. Cependant, les conditions posées par Donald Trump pourraient venir tempérer cet optimisme.
Un voyage sous conditions
Lors de sa journée d’investiture, interrogé sur sa première destination officielle à l’étranger, Donald Trump a évoqué l’Arabie saoudite, tout en rappelant les termes financiers de son voyage précédent. “Traditionnellement, c’est la Grande-Bretagne, mais j’ai choisi l’Arabie saoudite la dernière fois car ils ont accepté d’acheter pour 450 milliards de dollars de nos produits,” a-t-il déclaré, selon le site qatari Arabi21. Il a ajouté qu’il pourrait réitérer cette destination “si l’Arabie saoudite souhaite effectuer de nouveaux achats de 450 ou 500 milliards de dollars, compte tenu de l’inflation.”
Ces montants, pourtant, sont loin d’être confirmés. En réalité, selon l’agence américaine Associated Press, les achats militaires réalisés par Riyad en 2018 n’auraient atteint que 14,5 milliards de dollars, un chiffre bien éloigné des centaines de milliards avancés par Trump.
Une relation complexe
Cette insistance sur les transactions financières rappelle les tensions passées entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane. En 2018, l’ancien président n’avait pas hésité à ridiculiser publiquement le prince héritier, le présentant comme une source intarissable de revenus pour les États-Unis.
Malgré ces épisodes, la presse saoudienne reste globalement positive. Le quotidien Al-Riyadh salue les “déclarations encourageantes” de Trump et le décrit comme un “homme de paix”. Ce ton flatteur pourrait traduire l’espoir d’une coopération renforcée, même si celle-ci semble, une fois encore, conditionnée à des engagements financiers colossaux.
L’écho de la danse du sabre pourrait donc retentir à Riyad, mais seulement si les milliards dansent au même rythme.
La Rédaction

