Dans le sud du Soudan, les combats intenses entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) continuent de provoquer des déplacements massifs de populations, a alerté l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies.
Un conflit aux conséquences dramatiques
Depuis la mi-avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre fratricide opposant le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan à Mohamed Hamdan Daglo, leader des FSR. La ville d’Oum Rawaba, située dans la région du Kordofan-Nord, a été le théâtre de nouveaux affrontements cette semaine, forçant entre 1.000 et 3.000 ménages à fuir, selon l’OIM. Située à 100 kilomètres d’El Obeid, capitale régionale, cette localité a vu ses habitants abandonner leurs foyers pour échapper à la violence.
Au total, plus de 205.000 personnes sont déplacées dans le Kordofan-Nord, tandis qu’à l’échelle nationale, ce chiffre atteint 11,5 millions. Parmi eux, 2,7 millions avaient déjà été forcés de quitter leur domicile avant même l’escalade actuelle, faisant de cette crise la plus importante au monde en termes de déplacements internes.
La menace de la famine s’intensifie
Outre les pertes humaines qui se chiffrent par dizaines de milliers, le conflit a gravement détérioré la situation alimentaire. D’après les agences onusiennes et le système de classification de la sécurité alimentaire (IPC), cinq régions soudanaises sont déjà en proie à la famine. La situation pourrait empirer d’ici mai, avec cinq districts supplémentaires du Darfour menacés.
Au total, 17 régions centrales et occidentales sont sur le point de basculer dans une crise alimentaire extrême. Plus précisément, environ 350.000 habitants du Kordofan-Nord vivent dans une situation qualifiée de « phase d’urgence », caractérisée par une malnutrition aiguë et des taux de mortalité alarmants.
Un appel désespéré à un cessez-le-feu
Pour les spécialistes de l’IPC, seule une cessation immédiate des hostilités pourrait freiner la propagation de la famine. Actuellement, près de 24,6 millions de Soudanais, soit près de la moitié de la population, souffrent de niveaux critiques d’insécurité alimentaire. Les efforts humanitaires restent entravés par les combats, rendant l’accès aux populations en détresse extrêmement difficile.
Alors que les violences se poursuivent, le Soudan s’enfonce dans une crise humanitaire sans précédent, appelant à une mobilisation internationale urgente pour prévenir une catastrophe encore plus grande.
La Rédaction

