Le président américain réitère son intérêt pour l’achat du Groenland, tout en menaçant de reprendre le contrôle du canal de Panama. Ces déclarations, loin d’être anodines, traduisent un retour à une politique expansionniste affirmée.
Un Groenland intransigeant
Le 23 décembre, le Premier ministre groenlandais a répondu fermement à Donald Trump : « Nous ne sommes pas à vendre et ne le serons jamais. » Cette déclaration intervient après que Trump a réaffirmé son souhait de racheter ce territoire autonome, administré par le Danemark. Cette ambition, déjà évoquée lors de son premier mandat, semble plus sérieuse que jamais.
Dans la même période, le président élu s’est également illustré par des provocations envers d’autres voisins : il a suggéré d’annexer le Canada comme 51e État, évoqué une possible intervention militaire au Mexique contre les cartels, et menacé de révoquer le traité de 1977 sur le canal de Panama.
Une nécessité stratégique selon Trump
Loin d’être de simples fanfaronnades, ces déclarations s’inscrivent dans une stratégie géopolitique réfléchie. Selon The New York Times, Trump a fait pression sur le Danemark en nommant un nouvel ambassadeur favorable à ses ambitions. Il a également laissé entendre que les Danois pourraient difficilement refuser son offre durant son second mandat.
Le Groenland, convoité pour ses ressources naturelles et sa position stratégique dans l’Arctique, est ainsi qualifié par Trump de « nécessité absolue » pour les États-Unis. Au Panama, l’enjeu est tout aussi crucial : Trump a déclaré vouloir « abroger » l’accord signé sous Jimmy Carter, qui avait restitué le canal au pays d’Amérique centrale.
Un retour aux traditions expansionnistes
Ces ambitions rappellent l’héritage expansionniste américain. Selon The Washington Post, Trump s’inscrit dans une tradition remontant à Theodore Roosevelt, architecte de la domination américaine sur les Philippines au début du XXe siècle. Comme ses prédécesseurs, Trump s’appuie sur une vision stratégique tout en manifestant ses instincts de promoteur immobilier, convaincu que tout peut s’acheter.
L’idée d’acquérir le Groenland n’est d’ailleurs pas nouvelle : Harry Truman avait proposé 100 millions de dollars pour ce territoire en 1946. Les États-Unis ont également une longue histoire d’expansion par achat, avec la Louisiane achetée à la France et l’Alaska à la Russie.
Des inquiétudes croissantes
Pour Marc Jacobsen, spécialiste de l’Arctique au Collège royal de défense du Danemark, les récentes déclarations de Trump « ne font plus rire grand monde ». Si ses ambitions sont perçues comme provocantes, elles traduisent une vision où la suprématie américaine passe par une présence accrue dans les zones stratégiques du globe.
Ces intentions, mêlant nostalgie impériale et pragmatisme économique, laissent présager une politique étrangère conflictuelle, marquée par une volonté d’asseoir l’influence américaine à tout prix.
La Rédaction

