Dans le cadre de la semaine nationale dédiée à la lutte contre la corruption, le Mali a révélé un bilan alarmant mais prometteur de ses efforts pour combattre les détournements de fonds publics.
S’exprimant lors d’une interview à la télévision nationale, le procureur général de la Cour suprême, Mamoudou Timbo, a dévoilé que depuis 2021, une quarantaine de personnes, dont onze anciens ministres, ont été impliquées dans des affaires de délinquance économique et financière. Ces enquêtes ont mis en lumière des détournements colossaux, estimés à 80 milliards de francs CFA.
Les infractions recensées englobent une large palette de crimes économiques, notamment l’usage de faux, la corruption, le blanchiment de capitaux, les atteintes aux biens publics, le favoritisme et la prise illégale d’intérêts. « Ces préjudices causés à l’État représentent une somme considérable, mais il faudra attendre les conclusions des procès pour établir des certitudes », a précisé Mamoudou Timbo.
Sur le plan judiciaire, les avancées sont significatives. Quarante personnes ont été inculpées, parmi elles, d’anciens membres du gouvernement ainsi que leurs complices. Le procureur a également admis que le Mali a traversé des périodes d’immobilisme dans sa lutte contre ce fléau, avant d’ajouter : « Aujourd’hui, l’impunité appartient au passé. Il n’y a plus de citoyens intouchables. »
Ces déclarations traduisent une volonté ferme des autorités de tourner la page de l’inertie et de restaurer la confiance des citoyens. La bataille contre la corruption s’annonce encore longue, mais le Mali semble déterminé à faire de la transparence un pilier de sa gouvernance
La Rédaction

