La chute de Bachar al-Assad, survenue dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024, marque un tournant majeur dans l’histoire récente de la Syrie. Président depuis 2000, après avoir succédé à son père, Hafez al-Assad, Bachar a longtemps été considéré comme l’homme le plus riche et le plus influent du pays, avec une fortune estimée entre 1 et 2 milliards de dollars.
Un règne mêlé de libéralisation économique et de contrôle autoritaire
Au début de sa présidence, Bachar al-Assad a opéré une libéralisation partielle de l’économie syrienne, passant d’un socialisme d’État rigide à une forme de socialisme de marché. Cependant, cette ouverture économique est rapidement devenue un outil pour renforcer l’emprise du régime sur des secteurs stratégiques, notamment les banques, les télécommunications, les ports et l’immobilier.
Les détournements d’aides internationales
Un rapport publié en 2022 par le Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS) a révélé un système de détournement des aides internationales mis en place par le régime al-Assad. À travers un mécanisme faussé de taux de change, environ 50 % de chaque dollar envoyé en Syrie étaient récupérés par la famille au pouvoir.
Depuis 2016, la Syrie recevait en moyenne 2,5 milliards de dollars d’aide humanitaire par an, destinés à atténuer les effets de la guerre qui a dévasté le pays. Selon les estimations, le régime aurait ainsi détourné plus d’un milliard de dollars chaque année, privant des millions de Syriens de ressources vitales dans un pays déjà marqué par la famine et le déplacement de populations.
La fin d’un régime
Après plus de 13 ans de guerre civile ayant causé près d’un demi-million de morts et des millions de déplacés, le régime de Bachar al-Assad a finalement vacillé. Une offensive majeure des forces rebelles a permis de prendre Damas sans rencontrer de résistance. Cette chute met fin à un règne long et controversé, ouvrant un nouveau chapitre dans l’histoire syrienne, mais laissant derrière elle un pays ruiné et profondément divisé.
La reconstruction de la Syrie, tant sur le plan économique que social, s’annonce comme un défi titanesque pour les acteurs qui succéderont au régime al-Assad.
La Rédaction

