La population burkinabé vit une situation particulière ces dernières semaines. Sur le marché les prix des denrées de première nécessité ne cessent d’augmenter. Le coût de certains produits sur le marché est passé du simple au double et même plus, laissant le citoyen moyen dans un désarroi total. Les autorités ne sont pas restées indifférentes à cette situation.
Selon Lucie Yerbanga, détentrice d’une boutique dans le marché de Paglayiri, c’est depuis octobre dernier que le phénomène a commencé. « Ça nous dépasse. Le riz, l’huile, tout a augmenté. On ne sait même pas où aller », confie-t-elle au correspondant de BBC Afrique dans le pays. Le litre d’huile, selon elle, est passé de 1 000 FCFA à 1 400 FCFA. « On payait le 50kg de riz à 22 000 FCFA. Aujourd’hui c’est devenu 25 ou 26 000 FCFA », dit-elle. « Chaque fois, il n’y a pas un prix fixe », regrette Marturin Zida. Pour lui, le Burkinabè moyen qui touche moins de 100 000 FCFA ne peut s’en sortir. Le maïs, le riz, l’huile ont vu leurs prix grimper sur le marché.
Les autorités du pays ne sont pas indifférentes à la situation qui devient de plus en plus insupportable pour la population. Selon le Directeur général du Contrôle économique et de la répression de la fraude au ministère du Commerce, Olivier Kiema, la flambée du prix des produits de première nécessité n’est pas la faute des commerçants. Selon ses explications, seulement 20% des huiles sont produits localement, plus de 70% sont des produits importés d’Indonésie, Togo et de la Côte d’Ivoire.
M. Kiema note qu’au niveau de la Côte d’Ivoire, c’est l’huile de palme qui est importée au Burkina. « Là-bas, on a constaté que c’est dû à une mauvaise saison des palmes. La production n’a pas été bonne. Ça fait qu’il y a des restrictions d’exportation à ce niveau ». Le plus grand fournisseur du Burkina est l’Indonésie, selon le Directeur et il indique trois phénomènes qu’on assiste chez le fournisseur. « D’abord, il y a l’augmentation du dollar. Le mois d’octobre le cours était à 597 cfa. Aujourd’hui nous sommes à 637 cfa », explique-t-il. Il y a ensuite, poursuit-il, l’huile même qui a connu une augmentation au niveau de son prix. Et enfin le coût des transports. « Il semble qu’on ne trouve même pas de conteneurs pour importer les huiles vers le Burkina Faso ».
Au niveau du ministère burkinabè du Commerce, il y a des produits dont les prix sont fixés et, pour d’autres, ce sont les marges qu’on fixe. « Par exemple au niveau de l’importation, l’Etat concède 12% des marges pour les huiles importées, 12% pour le riz, 15% pour le sucre. Donc ce sont les marges qui sont fixées », explique M. Kiema. Il ajoute « Au niveau des céréales, l’Etat ne peut pas fixer des prix sans consulter les principaux concernés. C’est dans un cadre de concertation que l’Etat arrive à fixer ces prix ».
Il reconnaît que c’est une période très dure que traverse la population, mais appelle les consommateurs « à accompagner le gouvernement et surtout d’éviter les accusations à tort et à travers », étant donné, selon lui, que le ministère du Commerce joue son rôle dans le contrôle des prix.
La Rédaction
Burkina Faso. Le désarroi des citoyens moyens
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