Au Niger, l’éducation à la sexualité vient d’être retirée des programmes scolaires. La ministre de l’Éducation nationale, Elizabeth Chérif, a ordonné cette suspension immédiate, estimant que certains contenus ne respectaient pas les valeurs socioculturelles du pays, où la majorité de la population est musulmane et où le taux de natalité est le plus élevé au monde.
Dans une circulaire adressée aux chefs d’établissement, la ministre a expliqué que l’analyse des programmes du primaire et du secondaire a mis en lumière des éléments jugés incompatibles avec les traditions locales. Elle a donc demandé la suspension de ces contenus en attendant les conclusions d’un comité interministériel chargé de proposer des cours “mieux adaptés aux réalités nationales”.
Les thèmes concernés incluent l’éducation sur le cycle menstruel, l’anatomie des appareils génitaux, les infections sexuellement transmissibles, l’espacement des naissances et la reproduction. Ces sujets, pourtant courants dans les programmes éducatifs de nombreux pays, sont ici rejetés par une partie importante de la population, selon la ministre.
Ce n’est pas la première fois que de telles initiatives sont remises en question. En début d’année, une application mobile dédiée à la santé sexuelle et reproductive, créée par des ONG, avait également été retirée à la demande des autorités.
Dans ce pays sahélien de plus de 26 millions d’habitants, où les femmes ont en moyenne sept enfants, cette décision reflète les tensions entre modernisation des programmes éducatifs et respect des valeurs traditionnelles. Un équilibre complexe à trouver dans un contexte socioculturel profondément ancré.
La Rédaction

