Dans la journée du 27 novembre 2024, le Parlement israélien a approuvé dans un vote préliminaire, 49 voix contre 46, une proposition de loi de privatisation du service public audiovisuel suscitant des critiques sur la liberté d’expression et la démocratie. Trois autres votes sont encore nécessaires pour que le texte soit adopté de manière définitive.
Le projet de loi présenté par le ministre des Communications Shlomo Karhi propose de fermer la chaîne de télévision Kan et les radios publiques dans les deux ans. Des entreprises privées pourront alors les racheter et obtenir des autorisations de diffuser. Selon le projet de loi, si aucun acheteur n’est trouvé dans un délai de deux ans, le radiodiffuseur sera supprimé, et ses actifs, y compris sa propriété intellectuelle, reviendront au gouvernement
Pour le chef de l’opposition israélienne Yair Lapid, lui-même un ancien présentateur de télévision, ce projet de loi est une attaque en règle contre la démocratie et la liberté d’expression. « Le gouvernement a décidé de faire ce que font les régimes autoritaires : commencer par museler les médias libres pour ensuite s’attaquer à tout le reste », a-t-il déclaré.
Le groupe Kan a fustigé ce vote dans un communiqué, dénonçant « une autre étape sur la voie de la prise de contrôle de la radiodiffusion publique, de sa liquidation, de la vente de ses actifs et de ses ressources (…) et de leur transfert direct à des capitaux privés ». « En tant qu’élus, on a le pouvoir de décider de changer de régime si on le veut », avait déclaré M. Karhi dimanche lors d’une réunion d’une commission ministérielle.Le gouvernement a voté dimanche en conseil des ministres la rupture de tout lien entre l’Etat et le quotidien de gauche Haaretz, disant qu’il ne diffuserait plus ni de messages publics, ni de campagnes de publicité dans le journal. Selon M. Karhi, il s’agit de lutter contre « la propagande mensongère » du journal. Haaretz, très critique de la politique du gouvernement est l’un des quotidiens les plus anciens du pays. Son rédacteur en chef Amos Shoken avait appelé à des « sanctions » contre Israël et dénoncé la poursuite de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, lors d’un colloque organisé par le journal à Londres le 30 octobre.
Pour un éditorialiste du quotidien Yediot Aharonot, le gouvernement israélien est décidé à se battre jusqu’au dernier journaliste.
La Rédaction

