Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump a affirmé que les États-Unis allaient « prendre le contrôle de la bande de Gaza » et « en faire un modèle économique ». Une déclaration qui a suscité une vague de critiques, aussi bien au Moyen-Orient qu’aux États-Unis.
Une ambition controversée
Devant la presse, Donald Trump a détaillé son projet pour Gaza, territoire ravagé par 15 mois de guerre entre Israël et le Hamas. Il a affirmé que les États-Unis allaient « aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits », avant de superviser un plan de reconstruction visant à transformer l’enclave palestinienne en une « Côte d’Azur du Moyen-Orient ». Il a également évoqué un projet « à long terme », sans donner de précisions sur les modalités d’une telle prise de contrôle.
Netanyahu, lui, a salué une idée qui pourrait « changer l’Histoire », tout en soulignant qu’Israël continuerait à défendre ses intérêts. Le Premier ministre israélien a aussi qualifié Trump de « meilleur ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche », un signe de la proximité entre les deux dirigeants malgré des tensions passées.
Levée de boucliers au Moyen-Orient
La proposition de Trump a immédiatement été rejetée par plusieurs acteurs régionaux. Le Hamas a dénoncé une déclaration « absurde » et une « tentative de liquidation de la cause palestinienne ». L’Arabie saoudite a réaffirmé son engagement en faveur d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale.
La Jordanie et l’Égypte, que Trump a suggéré comme terres d’accueil pour les Palestiniens déplacés, ont vivement réagi. Amman et Le Caire refusent catégoriquement tout transfert de population, soulignant que les Gazaouis ont le droit de vivre sur leur terre.
Un climat diplomatique tendu
Cette déclaration intervient dans un contexte déjà explosif. Alors que Netanyahu est le premier dirigeant étranger reçu par Trump depuis son retour au pouvoir, les négociations pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas restent fragiles. Une première phase de trêve, en vigueur depuis le 19 janvier, a permis la libération de 18 otages israéliens et de 600 prisonniers palestiniens.
Toutefois, la situation demeure critique : Israël a annoncé l’envoi d’une délégation au Qatar pour discuter de la poursuite des négociations. De son côté, Trump doit recevoir le roi de Jordanie Abdallah II et s’est déjà entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Pendant ce temps, sur le terrain, des centaines de milliers de Gazaouis tentent de regagner leurs terres dévastées. « Trump et Netanyahu doivent comprendre que nous sommes enracinés ici, nous ne partirons pas », affirme un habitant de Rafah, dans le sud de Gaza.
Avec plus de 47 000 morts à Gaza depuis le début du conflit, selon le ministère de la Santé du Hamas, et un bilan israélien de 1 210 victimes après l’attaque du 7 octobre 2023, la perspective d’une intervention américaine à Gaza ne fait qu’ajouter une nouvelle dimension à une crise déjà inextricable.
La Rédaction

