À Bamako, les étals des marchés témoignent d’une véritable passion des consommateurs maliens pour les produits en provenance du Maroc. Poissons, fruits et légumes marins se sont imposés comme des incontournables dans les paniers des ménages. Le Maroc séduit par la qualité de ses produits, leur fraîcheur et des prix attractifs, des atouts qui expliquent leur popularité croissante dans la capitale malienne.
Bien que le Mali soit un pays enclavé, à 700 km de la mer, ses habitants dépendent principalement des ressources du Fleuve Niger pour se procurer du poisson. Les zones de production aquacole locales, comme le Delta central du Niger et les lacs de Sélingué et Manantali, ne suffisent pas à couvrir une demande croissante. La production annuelle est estimée entre 100 000 et 120 000 tonnes, pour une consommation par habitant bien en dessous de la moyenne mondiale. Face à ce déficit, le Mali se tourne vers l’importation, notamment depuis le Maroc.
Le poisson marocain se distingue par ses conditions de conservation optimales, ce qui lui permet de préserver ses qualités organoleptiques. Selon Yaya Djô, un vendeur de produits halieutiques au marché de Bamako, « les poissons du Maroc sont plus prisés que ceux venant d’autres pays, car ils se conservent mieux et sont souvent plus abordables ». Le prix, la fraîcheur et la durée de conservation des poissons marocains expliquent leur succès auprès des consommateurs maliens, qui préfèrent ces produits à ceux des producteurs locaux ou des pays voisins.
Le Maroc ne s’arrête pas aux produits marins. Fruits et légumes, notamment les agrumes, les pommes et les bananes, trouvent également leur place sur les marchés de Bamako. Mamadou Diarra, un acheteur régulier, confie : « Je préfère les oranges marocaines, elles sont plus juteuses et abordables ». Selon l’Office des changes marocain, le Maroc a exporté vers le Mali pour environ 3 millions d’euros de pommes de terre et près de 1,5 million d’euros d’agrumes. Cependant, une rupture de stock de pommes de terre marocaines a récemment conduit à une hausse des prix, contraignant les importateurs à se tourner vers les Pays-Bas.
Cette situation met en évidence la dépendance alimentaire du Mali vis-à-vis des importations. Bien que le pays dispose de ressources naturelles suffisantes pour soutenir une production locale plus importante, il reste crucial que les autorités maliens développent des modèles agricoles durables et adaptés pour réduire cette dépendance et renforcer la production locale de fruits et légumes.
La Rédaction

