La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une affaire troublante concernant la disparition de données stratégiques liées aux blocs pétroliers I et II de la région du Graben Albertine. Ces blocs, autrefois sous le contrôle de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, sont aujourd’hui au cœur d’une enquête menée par l’Agence nationale de renseignement (ANR), sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.
Une disparition mystérieuse
En 2022, trois disques durs contenant des données cruciales sur les blocs pétroliers ont été remis au ministère des Hydrocarbures par le groupe Ventora, propriété de Dan Gertler. Ce transfert faisait suite à un accord permettant à l’État congolais de récupérer les actifs de l’homme d’affaires en échange de l’abandon de poursuites judiciaires. Cependant, ces disques ont disparu avant de réapparaître dans un coffre-fort appartenant à un ancien conseiller juridique du ministère, Alain Mutombo.
Cette situation a généré une onde de choc au sein des autorités congolaises, conduisant à l’ouverture d’une enquête approfondie pour déterminer les causes de cette disparition et la véracité des données récupérées.
Des données d’une valeur incertaine
Les analyses préliminaires révèlent que les données pourraient être incomplètes et de faible utilité, soulevant des interrogations sur une éventuelle falsification. Cette complexité compromet davantage les efforts de la RDC pour valoriser ces blocs pétroliers, dont la cession à des investisseurs est en suspens depuis des années.
Dan Gertler, quant à lui, avait exigé un remboursement de 131 millions d’euros, affirmant avoir engagé ces fonds dans l’exploration des blocs I et II depuis 2010. Ce litige financier s’ajoute à la difficulté de trouver des investisseurs sérieux pour reprendre ces actifs stratégiques.
Appels d’offres et impasses
Malgré plusieurs tentatives, les appels d’offres pour les blocs pétroliers I et II se sont soldés par des échecs, les grandes entreprises comme TotalEnergies et ENI s’étant retirées du processus. Des sociétés moins importantes n’ont pas non plus réussi à répondre aux exigences techniques et financières.
En octobre 2024, le ministère des Hydrocarbures a déclaré infructueux le dernier appel d’offres, obligeant le ministre Aimé Sakombi Molendo à relancer un processus plus rigoureux. Cependant, le manque de documentation dans les transmissions administratives complique encore la tâche.
Une enquête sans fin
Plusieurs responsables, dont Robert Kahenga, ancien conseiller technique, ont été interrogés, mais Alain Mutombo, détenteur du coffre-fort contenant les disques, reste introuvable. L’ANR, sous pression, tarde à rendre son rapport, laissant planer des doutes sur les responsabilités dans cette affaire.
Une gestion à réformer
Cette affaire met en lumière des failles institutionnelles et des pratiques opaques dans la gestion des ressources stratégiques du pays. Alors que la RDC aspire à relancer son secteur pétrolier, la transparence et une gouvernance rigoureuse sont désormais incontournables pour redorer son image et attirer des investisseurs crédibles. La résolution de cette crise est un test crucial pour les autorités, tant sur le plan national qu’international.
La Rédaction

