Après des manifestations violemment réprimées, le président William Ruto a retiré le projet de budget 2024-2025 à la fin du mois de juin. Le vendredi 5 juillet, le chef de l’État a annoncé une série de mesures visant à réduire les dépenses de l’État.
C’est un revers majeur pour le président kenyan qui a désormais reconnu que le projet de loi sur les taxes supplémentaires provoquait un mécontentement généralisé et qu’il avait écouté les doléances du peuple, en cédant ainsi à leurs demandes. William Ruto, qui était arrivé au pouvoir en 2022 en promettant d’aider les Kényans à faire face à la hausse du coût de la vie, a vu deux ans plus tard une grande partie du pays s’opposer à ses réformes.
Mesures drastiques après le retrait du budget 2024-2025
Sans instaurer de nouvelles taxes, le président a déclaré que l’État devra faire des économies. Quarante-sept entreprises publiques aux fonctions redondantes seront dissoutes et leurs employés seront transférés aux ministères. Le nombre de conseillers du gouvernement sera réduit de 50% avec effet immédiat, les lignes budgétaires pour les bureaux des femmes du président, du vice-président et du premier secrétaire de cabinet disparaîtront également.
De plus, les fonds pour le budget confidentiel de plusieurs bureaux exécutifs, y compris celui du président, ont été retirés. Le budget pour les rénovations au sein du gouvernement a été diminué de moitié. Les fonctionnaires âgés de plus de 60 ans devront prendre leur retraite sans possibilité de prolongation. Par ailleurs, l’achat de nouveaux véhicules par le gouvernement est suspendu pour les 12 prochains mois, et tous les voyages de l’État jugés non essentiels sont suspendus.
Bilan provisoire des manifestations
Les manifestations des quinze derniers jours contre la loi de finances 2024-2025 représente un manque à gagner de 346 millions de shillings, soit environ 2,5 millions d’euros, pour le budget kenyan. Selon la Commission nationale des droits de l’homme du pays, les manifestations contre le projet de loi de finances ont fait jusqu’à présent 41 morts, 35 enlèvements et 746 arrestations.
Le président Kenyan, William Ruto, s’est excusé, vendredi 5 juillet, pour « l’arrogance et l’opulence » des législateurs et des ministres du parti au pouvoir et a promis de prendre des mesures contre les policiers « voyous » qui ont tiré sur des civils non armés lors des manifestations réprimées, contre la corruption, la pression fiscale et a demandé que la priorité soit accordée au peuple dans les dépenses nationales.

