Le Ghana a procédé en 2022 à une cessation officielle de statut de réfugié aux ivoiriens qui ont fui leur pays lors de la crise électorale de 2011 et ont élu domicile chez lui. Cette situation a basculé leur vie dans une grande précarité. Certains d’entre eux revendiquent ce qu’ils qualifient de droits parce que le Ghana avait signé un accord avec l’ONU qui leur garantissait un permis de séjour permanent.
« Ce n’est vraiment pas facile, la souffrance continue », a déploré au micro de RFI, Geneviève Taboh, 47 ans, qui a trouvé refuge avec ses sept enfants et petits-enfants dans un lieu sans fenêtres, parpaings apparents, parois humides. Elle a pour seul papier sa carte de réfugiée.
La carte de réfugiée, un document qui malgré la cessation officielle de leur statut est toujours censé leur garantir les mêmes droits qu’un citoyen ghanéen, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Mais selon Geneviève Taboh, il n’en est rien : « Avec ça, on nous donne seulement du papier hygiénique et du savon, c’est tout. Tu es malade, tu te soignes toi-même. Il n’y a pas de travail, nous n’avons aucun document qui nous permet de travailler dans la société ».
Il y a environ 500 ivoiriens qui ont demandé un permis de séjour sur le sol ghanéen. Des documents normalement garantis par un accord signé entre l’ONU et le Ghana. Sauf que jusqu’aujourd’hui, les anciens réfugiés attendent toujours, alors que leurs passeports ont bel et bien été transmis par la Côte d’Ivoire aux autorités ghanéennes en mars 2023.
Ce qui provoque une incompréhension et une colère chez Éric Kiple, président de l’association des Ivoiriens intégrés au Ghana : « Quand les passeports ont été remis au Ghana refugee board (Bureau ghanéen des réfugiés), il y a eu une cérémonie. Après qu’ils ont pris nos informations biométriques, nous n’avons plus entendu parler du Ghana refugee board, ni du service d’immigration. Nous ne pouvons ni travailler, ni faire autre chose… Nous sommes dans une situation de précarité totale, parce que le Ghana refuse de signer nos passeports et de nous fournir une “Non-citizen card” »,s’indigne-t-il.
La distribution de vivres aux réfugiés a été arrêtée en novembre dernier, alors que le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés n’a reçu que 3 % de l’aide promise par les donateurs, depuis le début de l’année. Mais l’organisme onusien ne compte pas laisser les déplacés livrés à eux-mêmes.
« Nous sommes tout autant pressés de fournir les papiers. Mais malheureusement, puisque c’est la première fois que nous faisons cela, il n’existe pas de procédure. Il a fallu que l’on saute des étapes tout en s’assurant que nous étions dans le cadre de la loi. Et c’est cela qui prend beaucoup de temps. » a expliqué le secrétaire exécutif du Bureau ghanéen des réfugiés, Tetteh Padi.
La Rédaction

