Le fragile équilibre politique sud-africain vacille à nouveau. Ce samedi, l’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition et désormais partenaire du Congrès national africain (ANC) au sein du gouvernement de coalition, a annoncé son retrait du dialogue national initié par le président Cyril Ramaphosa. En cause : une initiative jugée « inutile » et « coûteuse » par les dirigeants de la DA.
Un retrait symbolique mais révélateur
Ce dialogue avait été lancé pour favoriser la réconciliation et une gouvernance partagée après les élections historiques de 2024, qui ont vu l’ANC perdre sa majorité absolue au Parlement pour la première fois en 30 ans. Contrainte de composer, la formation historique a dû sceller une alliance avec la DA, dans un contexte de profondes divisions idéologiques.
Mais pour John Steenhuisen, chef de la DA, ce forum national n’est qu’un simulacre. « Il ne sert qu’à masquer l’inaction du gouvernement et à gaspiller les ressources publiques », a-t-il déclaré. Sans remettre en cause la coalition, il a directement mis en cause Cyril Ramaphosa, l’accusant de fermer les yeux sur la corruption persistante au sein de l’État.
Une cohabitation tendue
Depuis le début de leur coopération gouvernementale, les tensions n’ont jamais cessé entre les deux partis. La DA reproche régulièrement à l’ANC de prendre des décisions unilatérales, sans concertation, et de ne pas respecter les engagements du pacte de coalition. En toile de fond : une divergence profonde sur la gouvernance, les réformes économiques et la lutte contre la corruption.
Le retrait de la DA du dialogue national n’implique pas sa sortie du gouvernement, mais il accentue les frictions déjà palpables. Ce départ pourrait fragiliser davantage l’image d’unité que Ramaphosa s’efforce de projeter à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Vers une coalition à géométrie variable ?
Pour nombre d’observateurs, ce geste est aussi une mise en garde : la DA reste dans la coalition, mais entend peser davantage dans les décisions et dénoncer ce qu’elle considère comme des dérives. Le président sud-africain, déjà critiqué pour son manque de fermeté face à la corruption, devra rapidement trouver un terrain d’entente s’il veut préserver la stabilité de son gouvernement.
La Rédaction

