Le Rwanda envisage un tournant majeur en matière de santé reproductive. Un projet de loi déposé par le ministre de la Santé prévoit de permettre aux adolescentes, dès l’âge de 15 ans, d’accéder aux services de contraception. Cette réforme vise à limiter les grossesses non désirées, de plus en plus fréquentes parmi les jeunes.
La « loi sur les services de santé », présentée au Parlement, sera débattue dans un pays où les traditions conservatrices sont bien ancrées. Le ministre Sabin Nsanzimana a souligné que le manque d’accès à la contraception alimente un taux élevé de grossesses précoces, mettant en péril la jeunesse rwandaise.
Pour les partisans du projet, la loi actuelle désavantage les adolescentes en leur refusant le droit de prendre des décisions sur leur propre santé. À noter que la majorité sexuelle est fixée à 18 ans, limitant ainsi l’accès légal à la contraception. Pourtant, malgré des recherches montrant une activité sexuelle significative chez les jeunes, certaines résistances demeurent. Aflodis Kagaba, figure de l’ONG « Initiative pour le développement de la santé », a participé à l’élaboration de la réforme et insiste sur l’urgence de cette protection.
Mais le projet de loi ne fait pas l’unanimité. La députée Christine Mukabinani, du parti PS Imberakuri, estime qu’à 15 ans, une adolescente n’est pas encore apte à prendre de telles décisions, craignant que cette législation ouvre la voie à des abus.
Le ministère de la Santé rapporte plus de 10 000 grossesses précoces entre janvier et juin 2024, une tendance alarmante. Dans ce contexte, l’avortement au Rwanda reste limité aux cas de viol, d’inceste ou de mariage forcé, rendant la question de la prévention plus cruciale que jamais.
La Rédaction

