Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD) ont annoncé, lors d’une réunion qui s’est tenue vendredi à Abidjan, leur intention de renforcer leur collaboration pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique. Cette initiative a été officialisée par la signature d’une lettre d’intention entre Akinwumi Adesina, président de la BAD, et Rémy Rioux, directeur général de l’AFD.
À travers son initiative de Banque d’investissement pour l’entrepreneuriat des jeunes (YElB), la BAD cherche à créer un environnement propice à la croissance économique inclusive, centrée sur le secteur privé. Cela vise à offrir des opportunités concrètes aux jeunes entrepreneurs du continent. Parallèlement, le programme Choose Africa 2 de l’AFD se consacre à élargir son impact en engageant des dialogues sur les politiques publiques et en soutenant les gouvernements dans l’élaboration d’un cadre favorable au développement entrepreneurial.
Ces efforts conjoints visent à soutenir et à valoriser l’entrepreneuriat en Afrique, tout en renforçant les écosystèmes entrepreneuriaux. L’Afrique, avec sa population majoritairement jeune — plus de 60 % des habitants de moins de 25 ans — représente un potentiel considérable pour le développement économique, la lutte contre le chômage et la réduction des inégalités.
M. Adesina a souligné l’importance de transformer le dividende démographique, représentant plus de 400 millions de jeunes Africains, en un véritable dividende économique. Il a exprimé sa satisfaction quant à la coopération avec l’AFD, affirmant : « Nous mettrons notre capital-risque au service de la jeunesse. Le plus grand risque serait de ne pas investir dans cette jeunesse. L’avenir de l’Afrique se construit ici. »
De son côté, M. Rioux a insisté sur la nécessité d’assurer le bien-être économique des jeunes pour éviter les défis liés à la migration économique. « Chaque année, environ vingt millions de jeunes, soit l’équivalent de la population du Sénégal, entrent sur le marché du travail en Afrique », a-t-il précisé.
Il a également salué le travail de la BAD, notamment l’initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa), qui a réalisé des avancées significatives dans le financement des femmes. En partenariat avec Choose Africa 2 et la Banque d’investissement pour l’entrepreneuriat des jeunes, l’AFD met en place des instruments destinés à favoriser les jeunes en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo.
Accompagné de plusieurs responsables, dont Tristan-Aurel Mouline, directeur de cabinet, et Lionel Yondo, directeur régional pour le Golfe de Guinée, M. Rioux a exprimé sa détermination à soutenir le développement entrepreneurial sur le continent.
Malgré un environnement démographique prometteur, l’Afrique fait face à d’importants défis, notamment un déficit de financement pour les petites et moyennes entreprises, estimé à 331 milliards de dollars. Plus de la moitié des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) n’accèdent pas au crédit dont elles ont besoin pour leur croissance et leur durabilité.
La Rédaction

