Alors que la Tunisie se prépare à des élections présidentielles cruciales, prévues dans deux semaines, la situation politique du pays est plus tendue que jamais. Les Tunisiens, qui espéraient une transition vers une démocratie stable après la révolution de 2011, se retrouvent à nouveau confrontés à la montée d’un pouvoir autoritaire incarné par le président Kaïs Saïed.
Depuis son élection en 2019, Kaïs Saïed a progressivement concentré les pouvoirs entre ses mains. En 2021, il a dissous le Parlement et instauré un régime où il gouverne par décret, une décision largement décriée comme un coup d’État par ses opposants. Cette dérive autoritaire n’a cessé de susciter des manifestations et des mouvements de contestation, notamment de la part de l’opposition et des organisations de la société civile.
Le 22 septembre 2024, des centaines de Tunisiens ont manifesté sur l’avenue Habib Bourguiba, un lieu symbolique de la révolution tunisienne, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de retour à la dictature. Leur indignation a été renforcée par un projet de loi visant à retirer au tribunal administratif ses prérogatives en matière de contentieux électoraux. Cette mesure, dénoncée comme une tentative de museler les institutions, pourrait faciliter la réélection de Kaïs Saïed et compromettre l’intégrité du scrutin.
Les tensions sont également exacerbées par la disqualification récente de trois candidats majeurs de l’opposition, dont Mondher Znaidi, Abdellatif Mekki et Imed Daimi, par la commission électorale. Ces exclusions, perçues comme une tentative de neutraliser les rivaux politiques du président, ont déclenché une nouvelle vague de mécontentement.
Kaïs Saïed, qui avait initialement été perçu comme un outsider capable de réformer en profondeur le système politique tunisien, semble désormais incarner une dérive autoritaire qui rappelle les heures sombres des régimes précédents. Alors que les Tunisiens avaient nourri l’espoir d’une démocratie véritable, beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur l’avenir de leur pays. Le spectre d’un retour à la dictature plane, alors que l’opposition se prépare à de nouvelles manifestations pour défendre la démocratie et les acquis de la révolution.
La Tunisie, un espoir de transition démocratique trahi ?
La Rédaction

