L’exclusion d’un membre pour « trahison » peut-elle aller de pair avec la volonté de nouer un accord gouvernemental ? Cette question se pose après le départ de Joseph Koamy Gomado de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), suivi par des déclarations surprenantes du parti. Alors que Gomado a rejoint l’équipe gouvernementale dirigée par Victoire Tomegah-Dogbe, ce qui lui a valu d’être accusé de déloyauté, l’ANC semble désormais envisager une coopération avec le régime en place.
Indifférent aux critiques suscitées par son exclusion, Gomado a affirmé se concentrer pleinement sur ses nouvelles responsabilités. Cependant, une question persiste : comment l’ANC, un parti d’opposition de longue date, peut-il expulser un membre pour avoir collaboré avec le gouvernement tout en s’ouvrant à cette même possibilité ?
Un dialogue envisagé, mais à quel prix ?
Sévérin Dra, représentant du bureau politique de l’ANC, a récemment indiqué que le parti serait ouvert à une discussion avec le pouvoir, mais sous conditions strictes. Si le gouvernement tendait la main à l’ANC, cette dernière exigerait d’importantes révisions, notamment une réduction du nombre de ministres et une modification de la Constitution pour introduire un régime parlementaire.
Ces demandes traduisent une ambition claire de réforme, mais posent aussi des questions sur la cohérence du parti. Comment un parti qui rejette la collaboration de ses membres avec le pouvoir peut-il envisager de négocier avec ce même pouvoir ? Est-ce une stratégie pragmatique ou une contradiction interne ?
Réalisme ou illusion ?
Bien que l’idée d’une alliance politique soit théoriquement possible, la réalité est toute autre. Le pouvoir, majoritaire à l’Assemblée nationale, n’a pas réellement besoin de l’ANC pour gouverner. Dès lors, les exigences de l’opposition risquent fort d’être ignorées. L’ANC espère-t-il réellement peser sur la scène politique ou cette initiative ne vise-t-elle qu’à maintenir une visibilité dans le débat public ?
La situation actuelle souligne les dilemmes d’un parti d’opposition dans un paysage politique largement dominé. L’avenir nous dira si l’ANC parviendra à influer sur les décisions ou si cette tentative de rapprochement restera sans effet.
La Rédaction

