Dans le département d’Abala, au Niger, les femmes subissent des pressions croissantes de la part des groupes djihadistes. Un rapport de l’International Crisis Group met en évidence une dégradation rapide de leurs conditions de vie dans cette zone frontalière du Mali et du Burkina Faso, où l’État nigérien est peu présent.
Zones rurales abandonnées, influence djihadiste grandissante
Cette région, connue pour sa proximité avec les trois frontières, est devenue un bastion pour les groupes extrémistes, qui profitent de l’absence des autorités locales. Les villages autour d’Abala, éloignés des centres urbains, sont régulièrement soumis aux exigences de ces groupes. Une habitante raconte que ces derniers imposent une taxe islamique dans son village situé à quelques kilomètres d’Abala.
En plus des prélèvements, ces factions imposent des règles vestimentaires strictes aux femmes, en particulier aux jeunes filles. Celles-ci doivent désormais porter des vêtements couvrants de la tête aux pieds, ne laissant apparaître que leurs yeux.
Privation de travail et perte d’indépendance
Si les hommes sont plus souvent victimes de violences directes, les femmes subissent des restrictions sévères qui affectent leur quotidien. Elles n’ont plus le droit de travailler dans les champs, un rôle autrefois essentiel pour la subsistance des familles. Cette interdiction les prive de toute autonomie financière, rendant leur survie encore plus difficile dans un contexte de pénuries.
Peur et insécurité permanentes
Le rapport souligne également un climat d’angoisse généralisé. Les familles craignent d’être attaquées si elles refusent de marier leurs filles à des membres des groupes armés. Cette menace constante a aussi un impact sur l’éducation des enfants. Plusieurs écoles ont dû fermer, les enseignants et élèves ayant été menacés. Une mère témoigne que ses enfants n’ont pas pu suivre de cours depuis deux ans. Dans cette région, les filles sont les premières à abandonner l’école, car la priorité est donnée à l’éducation des garçons.
Accès limité aux soins de santé
Le manque d’infrastructures médicales est un autre problème majeur. Bien que les groupes armés n’attaquent pas les centres de santé, les pénuries de médicaments et l’augmentation des prix rendent les soins inaccessibles pour une grande partie de la population. Les rares dispensaires encore ouverts peinent à répondre aux besoins.
Alors que les femmes pourraient contribuer à apaiser les tensions et à résoudre les conflits, elles sont largement écartées des décisions. « Le pouvoir est aux mains des hommes », déplore une femme, tandis qu’une autre regrette que leurs compétences soient ignorées.
Dans cette région, les femmes se retrouvent ainsi piégées par la montée de l’extrémisme et l’absence de protection de l’État, privées de leurs droits et de leurs libertés.
La Rédaction

