Une nouvelle étude de Carbon Majors met en lumière un fait accablant : 36 entreprises seulement sont responsables de plus de la moitié des émissions de carbone liées aux combustibles fossiles en 2023. Ces sociétés, dont Saudi Aramco, Shell, ExxonMobil, Coal India et plusieurs groupes chinois, ont généré plus de 20 milliards de tonnes de CO₂ en une seule année.
Un petit cercle, une grande responsabilité
Loin d’être une surprise, cette concentration des émissions entre les mains de quelques entreprises rappelle que la transition énergétique dépend avant tout de décisions prises par une poignée d’acteurs. Ces multinationales, spécialisées dans le pétrole, le gaz et le charbon, continuent d’exploiter les énergies fossiles à grande échelle, malgré les engagements climatiques internationaux.
Alors que les rapports scientifiques ne cessent d’alerter sur l’urgence de réduire ces émissions pour limiter le réchauffement climatique, ces 36 entreprises semblent poursuivre leurs activités sans ralentir, alimentant une crise qui dépasse les frontières.
L’inertie des géants face aux engagements climatiques
Malgré des promesses répétées d’investir dans les énergies renouvelables, la majorité de ces entreprises accélèrent encore leurs extractions de combustibles fossiles. La demande mondiale reste forte, notamment en Asie, où la Chine et l’Inde comptent encore largement sur le charbon pour alimenter leur croissance économique.
Certaines de ces compagnies, comme ExxonMobil ou Shell, affichent des stratégies de “neutralité carbone”, mais ces engagements restent souvent flous ou insuffisants face à l’ampleur du défi climatique. Saudi Aramco, par exemple, continue de battre des records de production de pétrole, tout en affirmant vouloir réduire son empreinte carbone… sans réduire son extraction.
Peut-on briser le cercle ?
Face à cette concentration des émissions, les gouvernements et les institutions financières ont-ils les moyens de faire plier ces géants ? Les décisions de taxation du carbone, de régulation stricte ou de restrictions sur les financements des énergies fossiles restent lentes et timides. Pendant ce temps, les conséquences du réchauffement s’aggravent : catastrophes naturelles plus fréquentes, élévation du niveau de la mer, dérèglements climatiques majeurs.
Si ces 36 entreprises représentent une part massive des émissions mondiales, elles détiennent aussi une part tout aussi massive de la solution. Réorienter leurs investissements vers les énergies propres, repenser leur modèle économique et cesser l’expansion de leurs projets fossiles seraient des décisions décisives. Reste à savoir si la pression climatique et politique suffira à les contraindre à changer de cap.
La Rédaction

