Meta, maison mère de Facebook, a récemment assoupli les restrictions initiales d’utilisation de son intelligence artificielle (IA), qui prohibaient jusqu’alors son emploi “à des fins militaires, de guerre ou nucléaires”. Désormais, les États-Unis et leurs proches alliés sont autorisés à utiliser cette technologie dans le domaine de la défense.
Cette décision intervient quelques mois après une pétition de la Silicon Valley, signée notamment par Elon Musk et Steve Wozniak, appelant à une pause de six mois dans le développement de l’IA, perçue comme un “risque majeur pour l’humanité”. Pourtant, Meta a choisi de franchir un cap, officialisant ce changement le 4 novembre par la voix de Nick Clegg, ancien vice-premier ministre britannique et désormais responsable des affaires publiques chez Meta.
En justifiant cette nouvelle orientation, Clegg a souligné la volonté de Meta de “contribuer à la sécurité et à la prospérité économique” des États-Unis et de leurs alliés. Il met également en avant l’importance de “l’adoption de modèles d’IA open source américains” pour garantir leur compétitivité face aux technologies chinoises et d’autres pays.
Ce positionnement marque une double rupture : d’une part, il reflète une convergence étroite entre les objectifs économiques, technologiques et militaires des États-Unis ; d’autre part, il signale l’intention de Meta de représenter activement les intérêts stratégiques américains, face à la Chine, mais aussi à d’autres puissances, y compris européennes.
Concrètement, Meta mettra à disposition ses modèles d’IA, notamment LLama, pour des agences fédérales américaines et des entreprises du secteur de la défense comme Lockheed Martin, Booz Allen et Palantir, expert en analyse de données de masse. Ce déploiement marque une extension stratégique de l’IA au sein de l’écosystème de défense américain, laissant entrevoir la possibilité d’une coopération renforcée ou, peut-être, l’officialisation de collaborations existantes.
De plus, Meta a annoncé son intention de partager cette technologie avec les pays membres de l’alliance de renseignement “Five Eyes” : le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En intégrant ses technologies de rupture dans ces partenariats stratégiques, Meta contribue ainsi à renforcer les alliances géopolitiques du monde occidental.
La Rédaction

