Alors que les tensions internes secouent l’opposition togolaise, Éric Dupuy, porte-parole de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), est monté au créneau pour défendre Jean-Pierre Fabre, cible de critiques virulentes formulées par Nathaniel Olympio, leader du Parti des Togolais. Celui-ci accuse Fabre de « fragiliser la lutte démocratique » par des « revirements stratégiques » et une « priorisation des calculs politiques ».
Dans un entretien accordé à une radio locale et relayé par Afreepress, Dupuy a dénoncé ce qu’il qualifie de « révisionnisme politique », expliquant que ces attaques relèvent davantage de « tensions égosystémiques » que d’une lecture stratégique des enjeux. « Certains acteurs jouent, parfois sans le vouloir, le jeu du pouvoir en alimentant les divisions internes », a-t-il regretté, évoquant le rôle consolidé du Rassemblement du peuple togolais (RPT) au sommet de l’État depuis plusieurs décennies.
Un plaidoyer pour l’unité historique
Tout en reconnaissant l’existence de désaccords tactiques, Éric Dupuy a tenu à souligner le rôle central de Jean-Pierre Fabre dans les combats démocratiques du Togo. Il a mis en avant son engagement dans des coalitions emblématiques comme CAP 2015 et la C14, tentatives de rassemblement inédites contre le système en place. « Fabre a toujours fait le choix du dialogue, même dans les pires turbulences. Son approche pragmatique est souvent incomprise, mais elle incarne une constance dans la lutte », a-t-il insisté.
Le piège de la fragmentation
Au cœur de cette intervention, Dupuy alerte sur une dérive préoccupante : la polarisation croissante des débats au sein même de l’opposition, détournant le regard des urgences nationales, comme la réforme constitutionnelle ou la crise sociale. « Chaque critique publique devient un outil entre les mains du pouvoir pour discréditer notre combat collectif », a-t-il prévenu, appelant à une réorientation stratégique autour des objectifs communs.
Une recomposition générationnelle sous tension
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de recomposition politique marquée par l’émergence de nouvelles formations, comme celle de Nathaniel Olympio, cherchant à bousculer les figures historiques. Derrière ce bras de fer se cache un clivage générationnel et méthodologique, reflet des dilemmes actuels d’une opposition écartelée entre radicalité, compromis et quête d’efficacité.
Unité ou éclatement ?
Au-delà des querelles de leadership, une question essentielle se pose : comment construire une alternative crédible face à un régime verrouillé sans nier la pluralité des voix ? Pour certains, Fabre symbolise une résistance lucide et persistante. Pour d’autres, il incarne une inertie incapable de fédérer. Ce débat illustre le défi fondamental de l’opposition togolaise : dépasser les rivalités pour incarner une vision partagée, capable de rallier les citoyens dans un projet commun.
La Rédaction

