Dialogue suspendu, méfiance renforcée : l’Iran exige des garanties sécuritaires avant tout retour à la table des négociations
Alors que les tensions régionales s’intensifient, l’Iran durcit sa position vis-à-vis de Washington. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré samedi que la République islamique reste ouverte à la reprise des négociations sur le nucléaire… mais seulement si des garanties concrètes sont apportées contre toute attaque future sur son territoire.
« Nous sommes disposés à reprendre les discussions sur notre programme nucléaire. Mais cela suppose une assurance claire : les négociations ne doivent pas servir de prétexte à une guerre lancée par les États-Unis ou tout autre acteur », a affirmé Abbas Araghchi, figure centrale de la diplomatie iranienne.
Coopération avec l’AIEA : la ligne rouge de la sécurité
Depuis la série de frappes imputées à Israël et aux États-Unis, Téhéran a suspendu sa pleine coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les inspections, jusque-là régulières, ne seront désormais autorisées que si elles reçoivent le feu vert du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, instance chargée d’examiner chaque demande au cas par cas.
« Les demandes de l’AIEA doivent être alignées sur les préoccupations sécuritaires de l’Iran », a insisté Araghchi. Ce dernier a aussi souligné les risques croissants liés à la prolifération nucléaire et à la présence de munitions non explosées issues des récents bombardements.
Enrichissement d’uranium : ligne de fracture avec Washington
L’Iran campe sur sa volonté de poursuivre l’enrichissement d’uranium sur son sol. Une position que les États-Unis, notamment sous l’administration Trump, ont catégoriquement rejetée. Or, selon les agences de renseignement américaines et l’AIEA, Téhéran ne disposerait plus d’un programme d’armement nucléaire structuré depuis 2003. Toutefois, l’Iran enrichit actuellement l’uranium à hauteur de 60 %, soit un seuil techniquement proche des 90 % requis pour des armes nucléaires.
Des installations endommagées, un pays sous pression
Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a déclaré que les frappes aériennes américaines ont gravement affecté plusieurs sites nucléaires. À tel point que les autorités iraniennes n’auraient toujours pas pu accéder à certains d’entre eux pour évaluer les dégâts.
Entre demandes de garanties et tension militaire persistante, l’avenir du dialogue sur le nucléaire reste suspendu à une équation sécuritaire de plus en plus complexe.
La Rédaction

