Damas cherche une brèche. Pour la première fois depuis la chute de Bachar el-Assad, survenue le 8 décembre dernier, une délégation syrienne s’est rendue à Washington afin de négocier un allègement – même temporaire – des lourdes sanctions économiques imposées par les États-Unis.
Le moment n’est pas anodin. Cette initiative coïncide avec les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, organisées dans la capitale américaine. Le ministre syrien des Finances, Mohammad Yousr Barniyé, y a pris part, accompagné du gouverneur de la Banque centrale, Abdelkader Housriyé. Objectif : desserrer l’étau financier qui étrangle une économie syrienne en ruine.
Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le conflit qui déchire la Syrie depuis 14 ans a englouti quelque 800 milliards de dollars du produit intérieur brut (PIB). Une hémorragie économique qui laisse le pays exsangue, incapable de répondre aux besoins de sa population.
Mais Washington n’ouvre pas ses portes sans contrepartie. D’après des sources diplomatiques proches du dossier, huit conditions auraient été posées par les autorités américaines pour envisager une levée, même provisoire, des sanctions. Si leur contenu précis reste confidentiel, il serait question d’engagements politiques clairs, de garanties humanitaires, et d’un retrait progressif de certaines influences régionales sur le territoire syrien.
Cette démarche syrienne marque un tournant : celui d’un régime post-Assad qui tente de réintégrer prudemment les cercles diplomatiques et financiers internationaux. Washington, quant à lui, avance à pas mesurés, conscient des enjeux régionaux et de l’instabilité toujours latente au Levant.
Le chemin vers un allègement durable des sanctions reste semé d’embûches. Mais cette reprise du dialogue, même indirect, entre deux capitales longtemps figées dans le silence, pourrait esquisser un changement de ton dans l’un des dossiers les plus complexes du Moyen-Orient.
La Rédaction

