Une trajectoire encourageante, mais encore fragile
L’ambition est clairement affichée : parvenir à zéro cas de VIH/Sida à l’horizon 2030. Mais à mesure que l’échéance se rapproche, l’enjeu ne se limite plus à maintenir les acquis — il impose une accélération nette des politiques publiques.
Les indicateurs récents témoignent d’une évolution positive, quoique mesurée. La prévalence du VIH est passée de 1,6 % en 2024 à 1,5 % en 2025. Une baisse modeste, mais significative dans un contexte où chaque décimale traduit des milliers de vies impactées.
Le traitement, pivot de la stratégie nationale
Au cœur de cette dynamique, l’accès aux traitements antirétroviraux demeure le principal levier d’action. Sur les deux dernières années, près de 190 000 personnes ont été prises en charge, signe d’un élargissement progressif de la couverture sanitaire.
Pour 2026, les autorités entendent franchir un nouveau palier avec 99 023 patients attendus sous traitement. Un objectif soutenu par une mobilisation financière de plus de 3,1 milliards de francs CFA, traduisant une volonté de consolidation des dispositifs existants.
La répartition géographique des bénéficiaires reflète les dynamiques démographiques et épidémiologiques du pays. Le Grand-Lomé concentre plus de la moitié des prises en charge prévues, suivi de la région Maritime et des Plateaux, confirmant le poids des zones urbaines et périurbaines dans la stratégie nationale.
Au-delà du soin, l’enjeu du regard social
Si l’accès aux traitements constitue une condition essentielle, il ne suffit pas à lui seul à inverser durablement la tendance. La lutte contre le VIH se joue également sur un terrain moins visible mais tout aussi déterminant : celui des représentations sociales.
Dans cette perspective, le Système des Nations Unies au Togo réoriente son approche en intégrant de manière transversale la question de la stigmatisation dans ses programmes. L’objectif est clair : lever les freins au dépistage et faciliter l’accès aux soins en réduisant les discriminations persistantes.
Une course contre le temps
À moins de quatre ans de l’échéance fixée, la stratégie togolaise entre dans une phase critique. Les progrès enregistrés montrent que la trajectoire est engagée, mais ils soulignent également l’ampleur des efforts à fournir pour atteindre l’objectif final.
L’équation est désormais connue : intensifier la prévention, élargir encore l’accès aux traitements et transformer durablement le regard porté sur la maladie. C’est à cette condition que l’objectif de 2030 pourra passer du registre de l’ambition à celui du résultat.
La Rédaction

