Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté brusquement la table des discussions lors d’une réunion ministérielle de l’UEMOA, organisée vendredi dans la capitale togolaise. Le cœur du désaccord ? L’attribution contestée de la présidence tournante du Conseil des ministres, que le Burkina Faso revendiquait cette année.
Selon les règles établies par l’Union monétaire ouest-africaine, chaque État membre assume à tour de rôle la présidence pour un mandat de deux ans. Le tour du Burkina étant arrivé, Ouagadougou s’attendait à une confirmation de principe. Mais face au refus implicite des autres délégations, la représentation burkinabè, appuyée par ses partenaires sahéliens, a décidé de se retirer des travaux.
Trois jours après cet accrochage diplomatique, les tensions restent palpables entre les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le reste des membres de l’Union. Le retrait du trio sahélien confirme leur isolement croissant au sein des structures régionales. Déjà sortis de la CEDEAO, ces États s’éloignent désormais de l’UEMOA, avec des risques accrus de marginalisation économique.
En refusant le fauteuil au Burkina, les membres restants de l’Union ont envoyé un message politique clair. Le clivage se creuse entre deux visions de la coopération régionale : d’un côté, une UEMOA arrimée à une gouvernance libérale et multilatérale ; de l’autre, une AES militarisée, en quête d’autonomie stratégique.
La Rédaction

