À quelques jours d’une échéance cruciale sur les droits de douane, les tensions entre Washington et Pretoria atteignent un sommet. Donald Trump annonce qu’il pourrait snober le G20 prévu en novembre à Johannesburg.
Le président américain Donald Trump a affirmé récemment qu’il n’assisterait « probablement pas » au sommet du G20 prévu en novembre prochain en Afrique du Sud. En cause : ses relations tendues avec le pays hôte, qu’il accuse de politiques « très mauvaises » et de violences contre les fermiers blancs — des allégations sans fondement, régulièrement démenties par Pretoria.
« J’ai beaucoup de problèmes avec l’Afrique du Sud. Beaucoup de gens se font tuer », a-t-il déclaré à bord d’Air Force One, ajoutant qu’il enverrait peut-être un représentant à sa place.
Une crise commerciale sous haute tension
Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement tendu. À partir du 1er août, les États-Unis pourraient imposer des droits de douane de 30 % sur les produits sud-africains, notamment dans les secteurs de l’automobile et des agrumes. Une mesure que Pretoria tente d’éviter à tout prix.
Parks Tau, ministre sud-africain du Commerce et de l’Industrie, a proposé un ensemble de concessions économiques : ouverture du marché sud-africain au gaz naturel liquéfié américain, augmentation des importations agricoles, et engagement d’investissements sud-africains à hauteur de 3,3 milliards de dollars dans l’économie américaine, notamment dans les secteurs miniers et de recyclage.
Mais Washington reste muet. À l’approche de la date butoir du 1er août, les négociations piétinent et aucune réponse officielle n’a été formulée.
Une relation stratégique en péril
L’Afrique du Sud, qui préside cette année le G20 — une première pour un pays africain —, redoute un durcissement commercial qui pourrait fragiliser son économie. « Nous avons fait de notre mieux », a affirmé Parks Tau, appelant à une « réinitialisation » des relations commerciales bilatérales.
Pour Pretoria, les enjeux sont majeurs. Les États-Unis sont son deuxième partenaire commercial après la Chine. Une rupture commerciale pourrait affecter des milliers d’emplois et freiner les investissements stratégiques en cours dans les minéraux critiques, la pharmacie et la mécanisation agricole.
Alors que le G20 devait être l’occasion de renforcer le rôle de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, la perspective d’un boycott américain menace de reléguer l’événement à un sommet sous tension.
La Rédaction

