Une mobilisation syndicale structurée dans les rues de Lomé
Le vendredi 1er mai à Lomé, la Journée internationale des travailleurs a donné lieu à une mobilisation syndicale organisée à l’appel de la Coordination des centrales syndicales du Togo (CCST) et de la Synergie des travailleurs du Togo (STT).
Parti de la Bourse du travail, le cortège a parcouru plusieurs artères de la capitale avant de rejoindre l’esplanade du Palais des congrès, point d’aboutissement du défilé officiel. Plusieurs catégories professionnelles ont pris part à cette marche, notamment des travailleurs de la Zone franche, de la Loterie nationale togolaise (LONATO), ainsi que des acteurs du secteur informel.
Une plateforme d’expression des revendications sociales
Au terme de la marche, les organisations syndicales ont procédé à la présentation de leur cahier de doléances. Celui-ci a été exposé par le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats indépendants du Togo (UNSIT), Senouvo Vissikou.
Dans son intervention, il a rappelé que cette tribune du 1er mai ne relevait ni d’un exercice protocolaire ni d’une tradition symbolique, mais constituait un moment d’expression des réalités vécues par les travailleurs.
Les principales revendications portent notamment sur l’alignement de la législation nationale du travail sur les normes internationales, la consolidation du dialogue social, la reconnaissance renforcée des syndicats et l’élargissement de la protection sociale aux travailleurs de l’économie informelle.
Des attentes exprimées en matière de suivi et de mise en œuvre
Les représentants syndicaux ont insisté sur la nécessité d’un suivi effectif des doléances exprimées, au-delà des engagements verbaux traditionnellement associés à cette journée.
Ils ont notamment appelé à une traduction concrète des revendications dans les politiques publiques et les mécanismes de régulation du travail.
Le patronat mise sur un équilibre progressif des intérêts
Dans la foulée, le président du Conseil national du patronat du Togo, Laurent Coami Sedolo Tamégnon, a réagi aux préoccupations soulevées.
Le secteur privé a réaffirmé son attachement au dialogue social, tout en soulignant la nécessité de prendre en compte les contraintes économiques des entreprises. Le patronat plaide pour une amélioration progressive des conditions de travail, un renforcement du climat des affaires et un soutien accru à l’investissement.
L’État insiste sur la valeur sociale et économique du travail
Lors de la cérémonie officielle, le secrétaire général du gouvernement, Stanislas Bamouni Baba, a rappelé la portée structurante du travail dans l’organisation sociale et économique du pays.
Il a souligné que le travail constitue à la fois un facteur de dignité, d’intégration sociale et de stabilité, tout en réaffirmant l’engagement des autorités en faveur d’un environnement professionnel plus sécurisé et plus équitable.
Un 1er mai 2026 révélateur des lignes de tension sociale
Au-delà de la cérémonie et des discours officiels, cette édition de la Journée des travailleurs met en évidence une configuration désormais récurrente : des revendications syndicales structurées, une écoute institutionnelle affichée et un dialogue social présenté comme cadre central de régulation.
Une journée qui, au-delà de son caractère symbolique, confirme les tensions persistantes autour des conditions de travail et des attentes sociales dans un contexte économique contraint.
La Rédaction

