Guérin-Kouka,
Le samedi 7 septembre, les peuples Bassar et Konkomba se retrouveront à Guérin-Kouka, dans la commune de Dankpen 1, pour célébrer la 60e édition de leur fête traditionnelle, « D’pontre/N’nidak ». Cette célébration, enracinée dans l’histoire de ces deux communautés, se déroule en deux phases : les rites et les festivités. Chaque année, cette fête a lieu le premier samedi de septembre, alternativement pour les Bassar et les Konkomba de Dankpen.
La fête des ignames chez les Bassar et Konkomba est un moment de retrouvailles et de communion avec les ancêtres. Elle offre l’occasion de mettre en valeur la richesse culturelle du Grand Bassar. Ce rassemblement annuel attire non seulement les habitants locaux, mais aussi ceux résidant dans les pays voisins et la diaspora, ainsi que de nombreux curieux et touristes. « D’pontre/N’nidak » est un véritable festival de danses culturelles, marquant la fin de la récolte annuelle et un hommage aux divinités pour les bonnes récoltes.
Le terme « D’pontre » chez les Bassar et « N’nidak » chez les Konkomba se traduit par « goûter à quelque chose de nouveau », en l’occurrence l’igname. Cette fête est aussi une occasion pour ces peuples de rendre grâce à Dieu et aux ancêtres pour les nouvelles récoltes, et de se retrouver entre membres des deux communautés.
Les Rites traditionnels
Selon M. Tagone Oudjayome, expert en traditions, les Konkomba doivent observer le rite appelé N’nidak avant de consommer les nouvelles ignames. Ce rite se déroule à la maison, où chaque chef de famille réalise des sacrifices rituels comprenant un bouc noir, une pintade noire, un coq noir, ainsi que de la farine de maïs et de l’eau, pour honorer les jumeaux ou les enfants nés avec six doigts ou orteils. Ces cérémonies visent à remercier les dieux et les ancêtres pour la réussite de la moisson. Ceux qui négligent ces rites risquent des malheurs, tandis que ceux qui les observent seront bénis.
L’igname : symbole d’unité et de paix
Le jour de la fête, les Bassar et les Konkomba se rassemblent pour offrir un spectacle vibrant, reflétant leur identité culturelle. Cette célébration est le plus grand événement des deux préfectures, promouvant la fraternité, l’amour et la paix. M. Benté, ancien président de la délégation spéciale de la préfecture de Dankpen, souligne que l’igname est un produit sacré et fondamental pour ces peuples. Il explique que dans la culture Konkomba, un homme marié sans champ d’ignames est perçu comme n’existant pas. Lorsqu’un jeune Konkomba atteint l’âge du mariage, il reçoit des boutures d’ignames pour commencer son propre champ.
Programme des festivités
À l’approche de cette fête, plusieurs activités sont prévues, telles que des messes catholiques, des prières protestantes et musulmanes, ainsi que des cérémonies rituelles au palais royal dans les deux préfectures. Ce programme riche et varié reflète l’importance culturelle et religieuse de « D’pontre/N’nidak » pour les Bassar et Konkomba.
La Rédaction

