« C’est incompréhensible, inacceptable et intolérable : la reddition des comptes est un impératif lorsqu’on gère des fonds publics », déclare le Front Touche Pas À Ma Constitution dans un communiqué publié ce 22 janvier 2025. Cette réaction fait suite à la publication tardive, avec deux ans de retard, du rapport de la Cour des Comptes pour l’exercice 2022, un document qui n’a suscité aucune intervention notable du Premier ministre ou du Chef de l’État. Le rapport révèle également que 26 sociétés d’État n’y figurent pas.
Un rapport tardif et incomplet
Le rapport de la Cour des Comptes, publié en décalage, est vivement critiqué pour son manque de ponctualité et d’efficacité. « Ce retard prive les exercices budgétaires 2023 et 2024 des recommandations nécessaires », déplore le Front. En outre, le document met en lumière une absence inquiétante de coopération de certains ministères et de nombreuses sociétés d’État.
Selon le Front, des ministères clés, dont celui du Plan et de la Coopération, n’ont pas transmis leurs documents pendant deux ans. Parmi les 46 sociétés d’État recensées en 2020, seules 20 figurent dans le rapport de 2022, sans aucune explication officielle.
Le phosphate et d’autres secteurs stratégiques pointés du doigt
Parmi les sociétés absentes du rapport, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) attire particulièrement l’attention. Cette entreprise, pourtant stratégique, n’a versé aucun franc au budget national trois années consécutives. « Où va l’argent du phosphate ? Le gouvernement doit s’expliquer », exige le Front.
Le même constat est fait pour d’autres acteurs économiques majeurs, tels que WACEM-SA, SALT, la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) et SCAN MIN SA. Les 20 sociétés effectivement déclarées n’ont contribué qu’à 15,5 milliards de FCFA au budget national, une somme jugée insignifiante compte tenu du potentiel économique du pays.
Par ailleurs, le rapport signale des irrégularités dans la comptabilisation des projets. Certains travaux réceptionnés en 2021, ou devant l’être en 2023, ont été inscrits dans l’exercice 2022, faussant ainsi les données et rendant tout suivi budgétaire incohérent.
Des exigences pour une meilleure transparence
Face à ces graves anomalies, le Front Touche Pas À Ma Constitution formule plusieurs revendications, notamment :
• Des explications claires sur la disparition de 26 sociétés d’État et l’absence de contribution de la SNPT sur trois années consécutives ;
• Un audit indépendant des sociétés d’État, particulièrement celles exploitant les ressources naturelles, avec une publication des résultats ;
• La mise en place d’une plateforme numérique publique, permettant aux citoyens de suivre en temps réel l’exécution budgétaire de chaque institution.
Un appel à la responsabilité
Cette situation met en lumière des dysfonctionnements systémiques dans la gestion des fonds publics et l’exploitation des ressources naturelles au Togo. Le Front appelle les autorités à agir avec diligence pour restaurer la transparence et la confiance des citoyens.
La Rédaction

