Chaque année, le Togo est confronté à une réalité préoccupante : des milliers de nouveaux cas de cancer, dont une part significative pourrait être évitée. Conscient de l’urgence, le pays a choisi d’orienter ses efforts vers la prévention. Au cœur de cette démarche se trouve le Plan national de lutte contre le cancer (PNLC) 2022–2025, qui articule vaccination, dépistage et sensibilisation pour réduire l’incidence des cancers évitables.
Le PNLC, un cadre stratégique national
Adopté en 2022, le PNLC sert d’ossature à la politique nationale contre le cancer. Il fixe plusieurs priorités :
• promouvoir le dépistage précoce des cancers du sein, du col de l’utérus, de la prostate et du côlon ;
• encourager la vaccination contre les virus oncogènes, notamment l’hépatite B et le papillomavirus humain (VPH) ;
• améliorer la prise en charge par un meilleur diagnostic et un accès élargi aux soins ;
• renforcer la recherche et la surveillance pour disposer de données fiables.
« L’enjeu est d’agir en amont, pour réduire la charge humaine et économique du cancer », a rappelé un responsable du ministère de la Santé lors d’une conférence à Lomé.
Vaccination et prévention, piliers de la lutte
Le Togo a intégré au Programme élargi de vaccination (PEV) des vaccins essentiels pour prévenir certains cancers. Le vaccin pentavalent, administré dès la petite enfance, protège notamment contre l’hépatite B — infection chronique qui peut évoluer vers une cirrhose puis un cancer du foie. Depuis 2023, la vaccination contre le VPH vise à protéger les filles de 9 à 14 ans contre le cancer du col de l’utérus.
Les campagnes scolaires et les stratégies de proximité permettent d’atteindre la cible prioritaire et d’ancrer la prévention au cœur de la communauté. À lire aussi : Togo. Changement d’approche dans la vaccination contre la rougeole.
Sensibiliser pour lever les tabous
La réussite du PNLC dépend aussi fortement de la sensibilisation communautaire. Dans de nombreux centres de santé, les équipes prennent le temps d’informer avant de vacciner : expliquer les bénéfices, répondre aux craintes et mobiliser l’entourage. Les écoles sont des relais privilégiés — l’élève informé devient souvent l’ambassadeur de santé auprès de sa famille.
Des formations et ateliers aux niveaux régionaux renforcent cette dynamique de terrain. À lire aussi : Togo-Est Mono. Formation sur la vaccination et la sensibilisation communautaire.
Un défi sanitaire et social
Les données épidémiologiques rendent compte de l’ampleur du défi : plusieurs milliers de nouveaux cas sont enregistrés chaque année, et le taux de mortalité reste élevé. Le PNLC marque une avancée politique et technique, mais son efficacité reposera sur une mobilisation durable — financement, formation du personnel, campagnes régulières et adhésion des communautés.
Agir aujourd’hui par la vaccination et le dépistage, c’est diminuer demain le coût humain, social et économique d’une maladie qui frappe souvent trop tard.
La Rédaction

