Ce dimanche 15 septembre, des organisations de la société civile togolaise se sont rassemblées à Vogan, à environ 50 km de Lomé, pour sensibiliser la population sur les enjeux de la nouvelle Constitution. Malgré la promulgation de cette dernière par le président Faure Gnassingbé en mai dernier, l’opposition continue de s’interroger sur l’avenir politique du pays.
Adoptée par des députés dont le mandat avait expiré, la nouvelle Constitution instaure un régime parlementaire, supprimant l’élection présidentielle au suffrage direct. Le pays traverse actuellement une phase de transition de la IVe vers la Ve République, avec une année prévue pour la mise en place complète des nouvelles structures.
Toutefois, des questions restent en suspens pour 2025, comme le souligne David Dosseh, représentant du front citoyen Togo Debout. Il s’interroge sur la direction que prendra le pays : « Nous devons savoir si nous allons vers un régime parlementaire à présidence permanente, ou si nous retournerons à l’ordre constitutionnel. Dans ce cas, quelles seraient les prochaines étapes ? Devons-nous organiser une élection présidentielle ? Faure Gnassingbé se représentera-t-il pour un cinquième mandat ? »
Pour les militants comme Dosseh, la nouvelle Constitution est perçue comme un coup de force politique. Pourtant, malgré la lassitude d’une partie de la population, marquée par les grandes manifestations de 2017 et 2018, l’espoir d’une remobilisation reste. « Le peuple est usé, mais la sensibilisation est clé. Nous allons continuer nos efforts pour inverser cette situation, même si cela prendra du temps », affirme Dosseh.
Cependant, face à cette mobilisation, certains observateurs pointent une opposition qui, bien que critique, semble manquer de propositions concrètes pour l’avenir du Togo. Est-ce une résistance purement idéologique ou une véritable stratégie de construction alternative ? La société civile gagnerait sans doute à clarifier sa vision et à proposer une feuille de route réaliste, face à une réforme constitutionnelle déjà en cours.
La Rédaction

