À Lomé, le gouvernement togolais a accueilli jeudi les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) avec engagement et ambition.
L’occasion : un séminaire de haut niveau autour du dernier rapport du FMI sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne.
Une reprise fragile mais réelle
Le rapport, publié en avril, dresse un tableau nuancé de l’économie de la région. Après des années de turbulences économiques, l’Afrique subsaharienne montre des signes encourageants de redressement : une croissance en hausse à 4 % en 2024, contre 3,6 % l’année précédente, une inflation médiane contenue à 4,5 %, et une dette publique médiane inférieure à 60 % du PIB.
Mais le FMI reste prudent. L’élan pourrait faiblir dès 2025, avec une croissance attendue à 3,8 %, puis 4,2 % en 2026. En toile de fond, une persistance de contraintes financières, des coûts d’emprunt élevés et une aide publique internationale en recul.
Trois piliers pour éviter le décrochage
Face à cette conjoncture incertaine, le FMI appelle à agir vite. Trois priorités sont identifiées :
• Réduire les vulnérabilités macroéconomiques tout en continuant le développement.
• Adapter les politiques selon l’intensité des déséquilibres.
• Renforcer la mobilisation des ressources nationales et améliorer l’efficacité des dépenses.
L’institution met aussi l’accent sur l’accès équitable et durable aux marchés financiers internationaux, essentiel pour les économies africaines.
Le Togo sur la voie des réformes
Prenant la parole au nom des autorités togolaises, Stéphane Tchasso Kpowbie Akaya, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, a affirmé l’adhésion complète du pays aux orientations du FMI. Sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé, le gouvernement a mis en œuvre une stratégie rigoureuse de réduction du déficit public : passé de 6,3 % du PIB en 2023 à 5,6 % en 2024, il vise les 3 % dès 2026.
Lomé bénéficie actuellement d’un programme de la Facilité élargie de crédit (FEC) avec le FMI. La deuxième revue s’est tenue en mars, et les résultats seront examinés par le Conseil d’administration du FMI fin juin.
Des réformes multisectorielles déjà visibles
Au-delà des finances publiques, le Togo a engagé des réformes dans des secteurs clés, avec un taux d’exécution de près de 74 % en 2024. Gouvernance économique, agriculture, santé, éducation, digitalisation : autant de domaines ciblés pour renforcer l’économie et les services publics.
En parallèle, la Banque Centrale a assoupli sa politique monétaire avec une baisse de 25 points de base, rendue possible par la maîtrise de l’inflation et la stabilité économique.
Sécurité et solidarité, piliers de développement
Le gouvernement a également réitéré son engagement pour la paix et la stabilité, notamment dans le nord du pays confronté à des menaces terroristes. Des mesures de sécurité y ont été renforcées.
En conclusion, les autorités togolaises ont exprimé leur reconnaissance au FMI et aux partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement. Mais elles appellent aussi à une solidarité renforcée pour soutenir les efforts des États africains dans leur transformation économique.
La Rédaction

