Au Togo, la prise en compte du handicap entre progressivement dans une nouvelle étape. Après les programmes d’insertion, les aides techniques et les aménagements destinés à améliorer l’accessibilité, une autre question s’impose : comment inscrire ces avancées dans la durée ? Avec plus d’un million de personnes concernées, les associations souhaitent désormais que les efforts engagés puissent s’appuyer sur des financements clairement identifiables dans le budget de l’État.
Le pays compte 1 023 270 personnes vivant avec un handicap plus ou moins sévère. Un chiffre qui donne à la question une dimension dépassant largement le seul champ de l’assistance sociale. Formation, emploi, mobilité, autonomie et accès aux services publics constituent autant de domaines dans lesquels l’inclusion doit se traduire concrètement.
Ces dernières années, plusieurs initiatives ont été engagées pour réduire certains de ces obstacles. Le Projet d’appui à l’insertion socio-économique et professionnelle des personnes handicapées (PAIEPH), lancé il y a plus de deux ans, constitue l’un des principaux dispositifs mis en œuvre.
L’autonomie par la formation et le travail
Les résultats enregistrés permettent déjà de mesurer une partie du chemin parcouru. Au total, 576 bénéficiaires ont été formés à des métiers porteurs et 515 kits d’installation professionnelle ont été remis afin de faciliter leur entrée dans une activité économique.
L’accompagnement concerne également les conditions de vie et de déplacement. Quelque 303 technologies d’assistance ont été distribuées pour renforcer la mobilité et l’autonomie des personnes concernées.
L’accessibilité des lieux de formation fait elle aussi partie des interventions. Quatre-vingts rampes ont ainsi été aménagées dans des centres accueillant les examens de fin d’apprentissage. Une évolution importante pour des personnes dont l’accès à la qualification peut parfois être compromis par des obstacles aussi élémentaires qu’un bâtiment inadapté.
La question du financement revient au premier plan
Ces avancées ne ferment cependant pas le débat. Elles en ouvrent plutôt un autre : celui de leur pérennité.
À ce jour, aucune ligne budgétaire spécifiquement consacrée au handicap n’apparaît dans le budget de l’État. Les ressources mobilisées sont intégrées à des enveloppes et programmes plus larges, ce qui rend plus difficile l’identification précise de l’effort financier consacré à cette politique.
La Fédération des associations de personnes handicapées (FETAPH) souhaite voir évoluer cette situation. Son responsable, Dermane Loukouba, rappelle que la question a déjà été abordée lors de travaux auxquels l’organisation a participé et que les autorités indiquent travailler sur le sujet. Pour la Fédération, l’existence de montants dédiés permettrait cependant de donner davantage de visibilité et de continuité aux politiques engagées.
Installer les acquis dans la durée
La question ne se résume donc pas à savoir si des actions existent. Les formations, équipements d’assistance, kits professionnels et travaux d’accessibilité montrent qu’une dynamique est engagée. L’enjeu consiste désormais à déterminer comment la consolider.
Une budgétisation plus identifiable offrirait notamment la possibilité de suivre les ressources mobilisées d’un exercice à l’autre, de mesurer leur utilisation et de mieux confronter les moyens engagés aux besoins.
Avec plus d’un million de personnes concernées, le handicap ne peut être appréhendé uniquement à travers une succession de projets. Le défi consiste désormais à transformer les avancées obtenues en mécanismes durables. Passer de l’action ponctuelle à une politique inscrite dans le temps : c’est à cette étape que se joue désormais une part importante de l’inclusion au Togo.
La Rédaction

