Le Togo affronte un double défi climatique : sécheresse au nord et érosion côtière au sud. Pour y répondre, les autorités ont fait du reboisement une priorité nationale, en combinant plantations d’arbres à l’intérieur du pays et restauration d’écosystèmes sur le littoral.
Un littoral en danger constant
Avec ses 56 km de côte, le Togo perd chaque année 2 à 5 mètres de plages en moyenne, et parfois jusqu’à 15 mètres dans les zones les plus fragiles. La montée du niveau de la mer et les fortes houles menacent des villes comme Aneho ou Lomé, ainsi que les infrastructures routières et portuaires.
Reboisement côtier : 2 500 cocotiers pour protéger les plages
Le 30 mai 2025, dans le cadre du projet ATIGNON 2, soutenu par la FAO et le programme R4C-Togo, l’association Reboisons Vite le Togo (RVT) a mis en terre 2 500 cocotiers sur 10 hectares répartis dans les communes Golfe 1, 4 et 6.
Ces plantations ont été réalisées en présence des autorités locales et sous l’impulsion du ministère de l’Environnement, signe que la protection du littoral est désormais intégrée aux politiques publiques.
Mangroves et écosystèmes lagunaires : un engagement de long terme
Entre 2020 et 2023, les autorités, avec l’appui du programme régional WACA, ont permis le reboisement de 283 hectares de mangroves autour du lac Zowla. Ce type d’initiative vise à recréer un bouclier naturel contre l’érosion et à restaurer les habitats de nombreuses espèces.
Le nord face à la sécheresse : l’État à la manœuvre
Le gouvernement place aussi le reboisement intérieur au cœur de sa stratégie.
• En 2024, 9,14 millions de plants ont été mis en terre, couvrant 11 544 hectares.
• En 2025, la campagne nationale de reboisement, lancée par le chef de l’État, a fixé un objectif de 2 millions d’arbres dès la Journée nationale de l’arbre.
• À l’horizon 2030, l’ambition affichée est claire : 1 milliard d’arbres sur l’ensemble du territoire.
Ces efforts sont coordonnés par le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, en synergie avec les communes et les populations rurales.
Une stratégie nationale d’adaptation climatique
Les actions de reboisement s’inscrivent dans le Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC), qui vise à réduire la vulnérabilité du pays face :
• à la sécheresse et à l’avancée de la désertification dans le nord,
• à l’érosion côtière et à la montée du niveau de la mer au sud.
Cet engagement est également porté sur la scène régionale, via la participation active du Togo au programme WACA pour la résilience des zones côtières d’Afrique de l’Ouest.
En soulignant l’urgence climatique, le Togo ne se contente pas de constater les menaces : il agit. Par le reboisement massif, la restauration des mangroves et les plantations de cocotiers sur les plages, les autorités montrent que la lutte contre le changement climatique est une priorité politique et nationale. Mais le défi est immense : maintenir la mobilisation, assurer le suivi des plants et renforcer l’implication communautaire resteront les clés de la durabilité.
La Rédaction

