Instauré à Ouagadougou en 2019, le mois du consommer local débarque au Togo l’année qui suit. Cela a permis aux habitants d’en savoir plus sur les produits provenant de leur pays et aux créateurs de se faire connaître et de générer quelques emplois.
Cette ode à la valorisation des articles produits au pays ne traduit-elle pas une limitation du programme en lui-même ?
Une autre vision du « local »
Tout ce qui vient de chez nous, notre dényigbã, c’est local. Pourquoi le terme « consommer local » ne qualifie qu’en grande partie ce qui se digère ou qui s’utilise pour notre physique alors ?
En octobre 2022, selon les mots du ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation locale, Kodjo ADEDZE, « la promotion de la consommation locale est un processus continu et progressif. Pour y arriver, il faut une profonde prise de conscience et un changement de paradigme de tous les citoyens togolais. »
Dans consommer local, il y a le verbe « consommer » qui signifie « absorber », « ingérer », « faire l’usage de ». Ces définitions tendraient à diriger les habitants sur une voie biaisée de la consommation locale puisque le sujet est vaste, très vaste.
Plusieurs parties du « local » sont évincées au profit de la nourriture surtout et des choses liées au physique après. Parler local, n’est-ce pas fouiller tous les recoins de nos cultures et les mettre au jour en ayant au préalable supprimé les mauvaises parties ?
Le prénom qui, après le nom, nomme individuellement une personne perd petit à petit sa valeur au profit des prénoms occidentaux.
Yawa, Mensah, Essi, Komlan, Ayélé, Dado… Ils font partie de notre culture et ont des significations.
Malheureusement, nous nous rendons compte que l’accent n’est mis que sur les produits agricoles.
L’accent mis sur les produits est aussi important, mais l’élargir ne serait pas plus bénéfique ?
L’organisation des forums sur les noms nationaux, leurs définitions peuvent aider à emmener les plus jeunes à comprendre l’origine et la signification de ces noms qui montrent un côté de notre culture.
Dans la vie de tous les jours, ils sont peu à aimer ces noms parce que l’accent n’est pas mis dessus.
Mais dans une société qui a subi colonisation et décolonisation, il faut des petits rappels pour ne pas oublier sa culture et la mettre en avant sur tous les plans.
La Rédaction

