Lomé, 30 juin 2025 — Trois députés de l’opposition togolaise ont annoncé qu’ils ne prendront pas part à la séance plénière de clôture de la première session ordinaire de l’année, prévue ce lundi à 10h. Dans une lettre ouverte adressée au président de l’Assemblée nationale, datée du 29 juin, ces élus expliquent leur décision par les événements récents survenus à Lomé entre le 26 et le 28 juin.
Une opposition parlementaire réduite
Sur les 113 sièges que compte l’Assemblée nationale du Togo, seuls cinq sont détenus par l’opposition. Toutefois, à la suite des élections législatives de 2024, deux partis — l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et les Forces Démocratiques pour la République (FDR) — ont refusé de siéger. L’opposition parlementaire active ne compte donc plus que trois députés : Mme Sambiri Targone et M. Fabre Kouméalo pour l’ADDI (Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral), et M. Ouro-Akpo Tchagnaou pour la DMP (Dynamique pour la Majorité du Peuple).
Une lettre de protestation
Dans leur courrier, les députés dénoncent la manière dont se sont déroulées les manifestations populaires à Lomé les 26, 27 et 28 juin. Ils évoquent des atteintes aux libertés publiques, notamment des arrestations et des violences contre des manifestants. Selon eux, ces événements justifient une réaction parlementaire.
Des demandes institutionnelles
Les trois élus demandent l’ouverture d’une session extraordinaire de l’Assemblée, en s’appuyant sur l’article 31 du règlement intérieur. Ils souhaitent que cette session permette un débat sur les événements récents et sur la situation générale dans le pays. Ils réclament également la libération des personnes arrêtées à la suite des manifestations.
Aucune réaction de l’Assemblée nationale à ce jour
À la veille de la séance de clôture prévue ce lundi 30 juin à 10h, la présidence de l’Assemblée nationale n’a formulé aucune réponse officielle à la lettre ouverte. Aucun communiqué n’a été publié, et les demandes des députés n’ont pas encore reçu de suite institutionnelle.
Une initiative isolée dans un contexte sensible
Avec seulement trois sièges sur 113, les députés de l’ADDI et de la DMP disposent d’un poids politique limité au sein de l’hémicycle. Leur appel au boycott n’a pas d’effet contraignant, mais il marque leur volonté d’exprimer une position de désaccord face à la gestion des événements récents. Reste à savoir si cette démarche, bien que minoritaire, suscitera une réaction dans les jours à venir.
La Rédaction

