Sensibiliser les élèves à la protection de l’environnement est une première étape. Faire en sorte que les bonnes pratiques survivent aux campagnes et deviennent des habitudes scolaires constitue un défi autrement plus important. Avec sa cinquième édition, annoncée du 12 au 21 octobre 2026, le Festival interscolaire pour l’environnement (FISE) entend précisément inscrire l’engagement écologique dans la durée.
Au Togo, les initiatives de sensibilisation environnementale se multiplient, notamment auprès des jeunes. Elles contribuent à faire connaître les enjeux liés aux déchets, à la préservation des ressources naturelles et aux changements climatiques. Mais leur efficacité dépend aussi de ce qui se passe après les activités organisées.
Une journée de nettoyage peut transformer temporairement une cour d’école. Une séance de sensibilisation peut éveiller la curiosité des élèves. Pour produire des effets durables, ces actions doivent cependant trouver leur prolongement dans la vie quotidienne des établissements.
C’est cette continuité que le FISE souhaite placer au cœur de sa nouvelle édition, en encourageant la mise en place de structures capables de poursuivre les initiatives écologiques au-delà du calendrier du festival.
De la sensibilisation aux habitudes quotidiennes
L’école représente un espace privilégié pour développer une culture environnementale. Les élèves peuvent y apprendre à mieux gérer les déchets, à préserver les espaces verts ou à limiter le gaspillage des ressources.
Mais ces apprentissages prennent davantage de sens lorsqu’ils s’accompagnent d’expériences concrètes. Le tri des déchets, l’entretien d’un jardin scolaire ou la création d’un club environnemental permettent de transformer les connaissances en responsabilités partagées.
L’enjeu consiste également à associer les enseignants et les responsables d’établissement. Sans encadrement régulier, les initiatives portées par les élèves risquent de s’essouffler avec le temps ou de disparaître à chaque changement d’année scolaire.
Construire une continuité après le festival
Pour cette cinquième édition, l’ambition annoncée est de dépasser la logique événementielle. Il ne s’agit plus seulement de mobiliser les élèves pendant quelques jours, mais de favoriser des mécanismes d’engagement capables de fonctionner tout au long de l’année.
Cette orientation soulève plusieurs questions pratiques : qui accompagnera les élèves après le festival ? Quels moyens seront disponibles pour entretenir les projets ? Comment mesurer les progrès réalisés dans chaque établissement ?
La pérennité des initiatives dépendra moins du nombre d’activités organisées que de la capacité des écoles à les intégrer à leur fonctionnement ordinaire.
Les collectivités locales et les associations environnementales peuvent également contribuer à cette dynamique, notamment lorsque les actions scolaires rejoignent des besoins concrets des quartiers et des communautés.
Faire de l’école un relais de transformation
L’intérêt d’une éducation environnementale durable dépasse les murs des établissements. Les comportements acquis à l’école peuvent progressivement influencer les pratiques familiales, particulièrement en matière de propreté, de gestion des déchets et de protection des espaces communs.
Cette transmission ne doit toutefois pas faire reposer sur les enfants des responsabilités qui relèvent aussi des pouvoirs publics. Les infrastructures de collecte, l’accès à l’eau et les moyens d’assainissement restent indispensables pour permettre l’application des comportements enseignés.
Le FISE ouvre ainsi une perspective intéressante : faire des établissements scolaires non seulement des lieux de sensibilisation, mais aussi des espaces d’expérimentation et d’apprentissage collectif.
Pour le Togo, la réussite de cette cinquième édition se mesurera surtout après sa clôture. Si les initiatives engagées trouvent des relais permanents dans les écoles, l’éducation environnementale pourra dépasser le temps du festival pour devenir une pratique quotidienne.
La Rédaction

