Le Togo franchit un cap stratégique avec la nomination du Colonel Bouwakibé Ali à la tête de l’Autorité de Sûreté de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadema et du Port Autonome de Lomé (ASAIGE-PAL). Officiellement installé le 9 avril 2025, il devient le premier coordonnateur à superviser de manière conjointe la sécurité des deux principales plateformes logistiques du pays.
Une vision intégrée de la sécurité
Cette nomination intervient dans le cadre d’une réorganisation ambitieuse : la fusion des dispositifs de sûreté aéroportuaire et portuaire sous une seule autorité. Ce choix traduit la volonté des autorités de répondre aux nouveaux défis sécuritaires tout en renforçant la compétitivité économique du Togo, dont le port et l’aéroport constituent les piliers logistiques.
Le Colonel Bouwakibé Ali succède au Général de brigade Dimini Allaharé, promu Chef d’état-major des Forces armées togolaises. Il arrive à un moment charnière, alors que la région ouest-africaine fait face à des menaces persistantes — terrorisme, trafics transnationaux, instabilités — et que la sécurité des chaînes logistiques devient une priorité stratégique à l’échelle internationale.
Coordination, vigilance et adaptation
Lors de la passation de service, le Colonel Ali a appelé à une synergie renforcée entre les différents services de l’ASAIGE-PAL, insistant sur la nécessité d’une approche intégrée entre les domaines aérien et maritime. « Avec l’appui de tous les agents de l’ASAIGE-PAL, nous relèverons les défis qui nous attendent », a-t-il affirmé, plaçant la coopération au cœur de son mandat.
Le port de Lomé, seul en eau profonde de la sous-région, joue un rôle clé dans le transit des marchandises vers les pays enclavés. L’aéroport, quant à lui, s’impose comme une passerelle régionale en pleine croissance. Sécuriser ces deux infrastructures ne relève plus seulement d’une mission technique, mais d’un impératif stratégique national.
Un modèle régional en construction
La centralisation des responsabilités pourrait accroître la réactivité opérationnelle, optimiser la coordination des contrôles et renforcer la lutte contre les trafics illicites. L’un des défis majeurs consistera toutefois à harmoniser les dispositifs et procédures de deux entités aux contraintes très différentes, tout en restant agile face à une menace évolutive.
Le Togo mise sur la cohérence et l’efficacité. À terme, cette réforme pourrait inspirer d’autres pays de la sous-région confrontés aux mêmes problématiques sécuritaires et logistiques.
La Rédaction

