Dans son rapport annuel publié ce jeudi, l’Alliance transnationale pour la lutte contre le commerce illicite (Tracit) désigne le Togo comme l’un des « élèves modèles » du continent africain dans ce combat discret mais crucial. Une reconnaissance internationale qui vient récompenser des réformes audacieuses, alliant innovations technologiques et coopération régionale renforcée.
Une stratégie multidimensionnelle aux résultats tangibles
Aux côtés du Rwanda, du Ghana et du Bénin, le Togo se distingue par une approche originale : déploiement de scanners intelligents aux postes-frontières, mise en place de cellules de renseignement financier et, surtout, implication active des communautés locales dans la surveillance des réseaux criminels.
« Le Togo a compris que la lutte passe par l’inclusion », commente un expert de la Tracit, contacté par nos soins. Résultat : les saisies de marchandises contrefaites ont bondi de 40 % depuis 2023, selon les douanes togolaises.
Un enjeu continental : 60 milliards de dollars évaporés chaque année
Alors que le commerce illicite siphonne chaque année près de 3,7 % du PIB africain — principalement à travers les trafics de médicaments, de carburant et de produits agricoles —, l’efficacité togolaise fait figure de modèle.
Le pays a récemment mutualisé ses données douanières avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), facilitant des interpellations transfrontalières inédites. Une avancée stratégique, saluée alors que l’Afrique accélère l’intégration de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
L’ombre persistante de la mondialisation criminelle
Malgré ces progrès, les défis restent considérables. Le rapport souligne notamment l’essor fulgurant des plateformes de commerce électronique illégal ciblant les consommateurs africains.
Pour y répondre, Lomé expérimente depuis mars 2025 un système d’authentification par QR code sur les produits pharmaceutiques — une première dans l’Afrique francophone.
Le citoyen au cœur du dispositif togolais
L’une des forces du modèle togolais réside dans sa dimension pédagogique. Des campagnes de sensibilisation dans les médias locaux aux « brigades scolaires » formées pour identifier les produits à risque, les autorités misent sur une vigilance citoyenne.
« Chaque marché devient un poste de contrôle informel », explique une activiste de la société civile basée à Kara.
Alors que l’intégralité du rapport sera analysée dans Togo Matin ce lundi, une question demeure : ce modèle national peut-il essaimer à l’échelle régionale ? Le sommet de la Cédéao prévu en octobre prochain à Accra pourrait bien en faire un dossier central.
La Rédaction

