Lomé, 25 avril 2025 – Alors que s’achève aujourd’hui à l’Université de Lomé un colloque de deux jours, chercheurs et décideurs politiques auront tenté de répondre à une question brûlante : « Reconstruire le monde, 70 ans après Bandung : Quelle solidarité pour une communauté de destin Afrique-Asie ? »
Un retour à l’esprit de Bandung
Ce rendez-vous intellectuel, ouvert le 24 avril par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Kanka-Malik Natchaba, s’inscrit dans la commémoration des 70 ans de la Conférence de Bandung (1955). Cette conférence fondatrice, tenue en Indonésie, avait rassemblé 29 pays d’Asie et d’Afrique dans un élan d’unité postcoloniale. Ce fut un moment décisif, où le Sud global se constitua politiquement autour de valeurs partagées : indépendance, non-alignement, souveraineté et solidarité.
À Lomé, l’enjeu n’était pas de commémorer pour la forme, mais d’interroger la portée actuelle de cet héritage dans un monde en recomposition. Comment repenser les alliances entre l’Afrique et l’Asie ? Quelle voix pour le Sud dans un ordre international bousculé par les crises géopolitiques, économiques et climatiques ?
Une scène intellectuelle africaine dynamique
Porté par le Centre de Recherche Chine-Afrique (CRCA) de l’Université de Lomé, en partenariat avec des institutions de Chine, du Burkina Faso et du Togo, le colloque a été un espace d’échanges multilingues (français, anglais, mandarin) autour de plusieurs axes : l’histoire de Bandung, les mutations du Sud global, les nouveaux rapports de force, et les défis communs.
Au fil des panels, des universitaires venus de divers horizons ont évoqué les limites du modèle multilatéral actuel, la nécessité d’une diplomatie des savoirs, et la montée en puissance des universités africaines dans les débats stratégiques globaux. Le poids des dettes souveraines, la dépendance technologique, ou encore l’instrumentalisation des partenariats de développement ont également été mis en discussion.
Une mémoire vive pour un monde à reconstruire
En revisitant Bandung, c’est aussi une certaine idée du monde qui est convoquée : un monde fondé sur l’équilibre, la justice, et la reconnaissance mutuelle des peuples. Si les formes de domination ont changé, la fragmentation des solidarités, elle, reste un frein puissant à toute transformation.
La clôture du colloque ce 25 avril ne marque pas une fin, mais une relance. L’Université de Lomé, en accueillant cet événement, s’affirme comme un foyer de pensée capable de réconcilier passé et futur. Bandung, soixante-dix ans après, continue de parler au monde. Encore faut-il l’écouter.
La Rédaction

