Entre Lomé et la frontière béninoise, la route nationale n°2 occupe une place stratégique dans la circulation des marchandises et les activités économiques du littoral. En renouvelant, le 27 octobre, son engagement aux côtés du Togo, l’Union européenne a remis en lumière cet axe dont la modernisation dépasse les enjeux de mobilité. Derrière les investissements routiers se joue aussi la capacité du pays à renforcer ses échanges régionaux et à développer les économies locales.
Un corridor commercial aux retombées multiples
La liaison Lomé–Aného–frontière béninoise constitue un passage essentiel pour les déplacements entre le Togo et le Bénin. Sa modernisation vise à fluidifier la circulation, améliorer la sécurité routière et faciliter les mouvements de marchandises sur un itinéraire particulièrement important pour les échanges entre les deux pays.
L’enjeu concerne également les localités traversées. Une meilleure desserte peut favoriser l’approvisionnement des marchés, les activités commerciales et l’accès aux services, tout en offrant de nouvelles perspectives aux entreprises installées le long du littoral.
Le projet comporte d’ailleurs une dimension territoriale plus large que les seuls travaux routiers. Des équipements socio-économiques ont été réalisés ou réhabilités, notamment au marché de Baguida, au centre de santé d’Agbodrafo et dans la zone d’Aného.
Des investissements engagés depuis plusieurs années
La réhabilitation de la RN2 s’inscrit dans le programme d’aménagement de la liaison Lomé–Cotonou, soutenu par plusieurs partenaires financiers, dont la Banque africaine de développement, l’Union européenne et la Banque ouest-africaine de développement.
En juin 2024, les autorités faisaient état d’un taux d’exécution global de 80 % pour la deuxième phase du projet. La contribution européenne annoncée pour cette opération atteignait 20 millions d’euros, soit environ 13,1 milliards de FCFA.
L’intérêt économique du corridor dépend désormais de la qualité des infrastructures achevées, de leur entretien et de leur capacité à faciliter durablement les déplacements.
Une coopération qui dépasse les infrastructures
La RN2 illustre une stratégie européenne plus étendue. Dans le cadre de sa programmation 2021-2027, l’Union européenne a alloué 201 millions d’euros, soit environ 131,8 milliards de FCFA, à son partenariat avec le Togo.
Ces ressources concernent notamment le développement humain, les activités agro-industrielles durables, la gestion des ressources naturelles et la résilience sociale.
Pour le Togo, la portée de cette coopération se mesure ainsi au-delà des montants mobilisés. Sur le corridor littoral, l’enjeu est de convertir l’amélioration des infrastructures en gains durables pour les transporteurs, les entreprises et les populations riveraines.
La Rédaction

