Être couvert par une assurance maladie ne garantit pas, à lui seul, de pouvoir se soigner dans de bonnes conditions. Entre la prise en charge financière, la disponibilité des professionnels et la proximité des établissements, la couverture sanitaire universelle repose sur plusieurs exigences indissociables. Alors que Lomé prépare une conférence régionale consacrée à cette ambition, le Togo se trouve confronté à une étape déterminante : transformer l’élargissement des droits en accès effectif aux soins.
Une protection sociale qui change d’échelle
Depuis son déploiement national en 2024, l’Assurance maladie universelle (AMU) s’étend progressivement à de nouvelles catégories professionnelles. Après les agents publics, le dispositif intègre notamment les salariés du secteur privé et les travailleurs indépendants, longtemps moins présents dans les mécanismes de protection sociale.
Cette extension constitue une évolution importante, mais la couverture ne se résume pas à l’affiliation. Elle suppose des prestations effectivement disponibles, des procédures accessibles et des dépenses restant à la charge des patients compatibles avec leurs ressources.
Pour les assurés relevant de la CNSS, le régime prévoit notamment une prise en charge de 80 % des tarifs de référence des prestations garanties. La protection demeure donc distincte de la gratuité intégrale.
Le défi des infrastructures et du personnel
Le développement de l’assurance doit s’accompagner d’une offre médicale capable de répondre à une demande élargie.
Les données officielles faisaient état d’une progression de l’accessibilité géographique aux soins de 71 % en 2020 à 90,7 % en 2023. Ces chiffres historiques témoignent d’une amélioration du maillage sanitaire, sans mesurer directement la qualité des services ni leur coût pour les patients.
Le programme SSEQCU, doté de 40 milliards de FCFA, accompagne cette évolution par la construction et la réhabilitation de formations sanitaires.
L’efficacité de ces investissements dépend également des effectifs médicaux, des équipements opérationnels et de la continuité des soins.
Lomé, un rendez-vous pour confronter les expériences
Les 11 et 12 décembre, la capitale accueillera une conférence régionale organisée avec l’appui technique de l’Organisation mondiale de la santé.
Préparée notamment lors d’échanges entre le ministre Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi et le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, cette rencontre doit favoriser le partage des politiques et des mécanismes de couverture sanitaire.
Pour le Togo, l’intérêt de ce dialogue sera aussi d’éclairer les prochaines étapes de son propre dispositif. La véritable universalité se mesurera moins à l’extension administrative de l’assurance qu’à la possibilité, pour chaque patient, de recevoir les soins nécessaires sans compromettre son équilibre financier.
La Rédaction

