C’est l’histoire d’une rencontre qui a changé le destin d’un village. À Jurakopé, petit quartier niché dans la commune de Dalavé, à 30 km de Lomé, une solidarité franco-togolaise s’écrit depuis vingt ans. Lié au Jura par un partenariat unique, ce village porte en lui les traces d’un engagement durable, initié par l’association Apprentis orphelins d’Afrique (AOA). À l’aube de la construction d’un lycée, Jurakopé incarne un exemple vibrant de coopération entre deux mondes, fondé sur le respect et le partage.
Une rencontre, une vision commune
En 2004, Pierre Gay et Jean-François Boisson, deux artisans jurassiens, posent pour la première fois les pieds sur le sol togolais dans le cadre d’une mission professionnelle. Sur place, ils découvrent la réalité poignante des enfants des rues de Lomé et croisent la route de la famille Kpiki, dévouée à leur cause. De cette connexion naît une idée ambitieuse : offrir un lieu où ces jeunes pourraient grandir, apprendre et rêver d’un avenir meilleur.
En un an, cette vision se concrétise. L’association AOA acquiert un terrain en périphérie de Dalavé et mobilise bénévoles locaux et internationaux pour bâtir un foyer et un atelier. Ce premier pas marque le début d’une histoire d’entraide, où chaque pierre posée symbolise un espoir renouvelé.
Jurakopé, un modèle de résilience et de solidarité
Mais l’ambition d’AOA dépasse rapidement le cadre des orphelins. Dès 2008, l’association élargit son action pour répondre aux besoins de toute la communauté : santé, éducation, formation professionnelle. Ce tournant stratégique donne naissance à AOA Togo, un relais local essentiel pour transformer les aspirations en réalités.
Depuis, Jurakopé a vu s’élever un groupe scolaire, désormais fréquenté par près de 800 élèves, un centre médico-social devenu un véritable hôpital, et un centre de formation technique spécialisé dans les métiers du bâtiment. Chaque projet est pensé pour être durable, adapté aux réalités locales, et porté par un réseau de partenaires unis par une volonté commune : améliorer les conditions de vie de cette communauté.
Un lycée, symbole d’un futur prometteur
Aujourd’hui, Jurakopé s’apprête à franchir une nouvelle étape avec la construction d’un lycée. L’établissement, dont les travaux viennent de débuter, accueillera dès septembre 80 élèves. Ce projet ambitieux, conçu comme un chantier-école, permettra également de former de jeunes Togolais aux métiers de la construction sous la supervision d’experts.
« Ce lycée représente bien plus qu’un bâtiment. C’est une opportunité pour les jeunes de poursuivre leurs études sans quitter leur village, un facteur d’égalité et d’espoir », confie Pierre Gay.
Avec un budget presque bouclé grâce à l’appui de partenaires, dont le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le projet témoigne une fois de plus de l’efficacité de cette coopération transnationale.
Au-delà des frontières, une leçon d’humanité
Jurakopé n’est pas seulement un lieu. C’est un symbole de ce que la solidarité peut accomplir lorsqu’elle est portée par des valeurs communes. Pour Pierre Gay et tous les acteurs d’AOA, chaque réalisation témoigne d’une conviction : l’avenir se construit ensemble, au-delà des frontières et des cultures.
Dans ce village du Togo, où l’écho du Jura résonne à chaque geste de solidarité, la coopération franco-togolaise écrit un chapitre inspirant, empreint d’humanité et de résilience.
La Rédaction

