Alors que l’Alliance nationale pour le changement (ANC) traverse une période délicate marquée par le départ de plusieurs cadres, son président, Jean-Pierre Fabre, a choisi de hausser le ton. Ce samedi 12 avril, devant une assemblée de militants rassemblés à Lomé, il a voulu rassurer et galvaniser ses troupes. Loin de minimiser les difficultés, il a présenté ces départs comme la preuve que le parti demeure central dans la vie politique togolaise.
Un message de fermeté face aux tentatives de fragilisation
Prenant la parole au siège du parti dans le Grand-Lomé, Jean-Pierre Fabre a dénoncé des « manœuvres orchestrées depuis les cercles du pouvoir » visant, selon lui, à affaiblir l’ANC. Sans nommer les récents démissionnaires, il a fustigé une stratégie de déstabilisation politique.
« L’ANC reste debout. Nous poursuivons notre combat pour une véritable alternance. Ces pressions ne nous arrêteront pas », a lancé le leader de l’opposition, sous les applaudissements de ses partisans.
Pour Fabre, ces défections ne sont pas synonymes de déclin, mais confirment l’importance stratégique du parti. Il a salué l’engagement de ceux qui sont restés et exhorté à redoubler d’efforts sur le terrain en vue des prochaines échéances électorales.
Un rendez-vous clé : le 27 avril à Akassimé
Dans une logique de relance politique, l’ANC prévoit un grand rassemblement à Akassimé le 27 avril, jour anniversaire de l’indépendance du Togo. L’événement vise à réaffirmer la présence du parti sur l’échiquier politique et à mobiliser ses soutiens face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire du régime en place.
Des critiques renouvelées contre le cadre électoral
Jean-Pierre Fabre a profité de cette rencontre pour revenir sur ce qu’il considère comme les vices du système électoral togolais. Il accuse le pouvoir de manipuler les règles pour écarter l’opposition.
« Tous les processus sont conçus pour nous exclure. La dernière révision des listes électorales le montre une fois de plus », a-t-il déploré, dénonçant une stratégie d’étouffement démocratique.
L’ANC à l’épreuve de la recomposition politique
Si certains observateurs voient dans les départs récents un affaiblissement de l’ANC, son président les interprète comme un test de résistance. Dans un paysage politique marqué par les ralliements à l’Union pour la République (UNIR), Jean-Pierre Fabre campe sur une ligne sans compromis, refusant toute alliance contraire à ses principes démocratiques.
Dans une opposition fragmentée, il tente d’incarner une voix constante, ancrée dans la continuité et la vigilance. Reste à voir si le meeting du 27 avril confirmera cette posture, en traduisant la résilience politique en mobilisation populaire.
La Rédaction

