La Haute autorité de Prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a lancé le 24 octobre, le concours national des meilleures productions médiatiques sur la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées. Ce concours a pour objectif d’amener les acteurs des médias à produire suffisamment de contenus pour sensibiliser sur les fléaux de la corruption. Que faire concrètement la HAPLUCIA dans la lutte contre la corruption dans le pays.
Le concours de la HAPLUCIA lancé le jeudi 24 octobre, est placé sous le thème ‘’ impact de la corruption sur le développement ‘’. Pour Paul AMEGAKPO, Directeur de l’institut Tamberma pour la Gouvernance, ce concours est une bonne chose car ça permet d’asseoir une base de collaboration entre les journalistes et la HAPLUCIA. « Les journalistes togolais ont déjà fait preuve de leur capacité à s’occuper et à s’attacher à la problématique de corruption depuis plusieurs années, en se présentant comme les principaux lanceurs d’alerte au coté de certaines organisations de la société civile, qui constatent et dévoilent les cas de corruption les plus marquants » a-t-il confirmé.
Bientôt 10 ans d’existence de cette instance, et ses actions de sensibilisations ne devraient plus avoir pour vocation d’amener les acteurs et les populations et toutes les parties prenantes à prendre conscience des enjeux liés à la corruption et son impact sur le développement socio-économique du pays. M.AMEGAKPO affirme que cette étape de sensibilisation devrait être déjà affranchie pour désormais passer à l’étape des actions concrètes notamment l’identification des corrompus et des corrupteurs, et l’identification des facteurs de corruptions afin de prendre des mesures courageuses de répression de ces infractions.
Dans la lutte contre la corruption, il est important que l’HAPLUCIA comprenne que l’action est multiforme. Le combat contre la corruption devrait être mené par toutes la multitude d’acteurs impliquée, à savoir la HAPLUCIA, la cour des comptes, l’inspection d’Etat, l’inspection du trésor, l’inspection des finance et d’autre inspections spécialisées. Il y a également la justice qui doit intervenir dans ce combat.
Mais d’après le Baromètre mondial de la corruption de 2019, 55% des togolais pensent que la justice, elle-même est corrompue et même au niveau du gouvernement, il reconnaisse que la justice est corrompue. ‘’ Alors que la justice est pour la corruption ce qu’un médecin est pour la pandémie ‘’ a déclaré Paul AMEGAKPO. Il continue en ajoutant « A partir du moment où la justice n’est pas capable de juguler le problématique de corruption ou sera plutôt actrice principale de promotion et de protection des corrompus et des corrupteurs, il y arrivera un moment où l’Etat ne va plus tenir ».
Il n’a pas de cloisonnement étanche entre les différentes institutions qui devrait intervenir dans la lutte contre la corruption. D’un côté, la justice poursuit les lanceurs d’alerte contre la corruption et la HAPLUCIA organise d’un autre côté un concours pour la même circonstance. Il faudrait absolument une complémentarité entre les différentes institutions, ce qui faciliterait le travail à l’HAPLUCIA.
Rappelons que l’HAPLUCIA avait saisi la justice dans deux affaires notamment l’affaire des 600 millions qui auraient été détournés lorsque les Éperviers du Togo devrait participer à la CAN 2013 et la somme de 25 milliards FCFA qui aurait été détournée dans la construction de la route Lomé-Vogan mais cette affaire n’avait pas eu de suite.
Paul AMEGAKPO lors d’une intervention fait directement appel au chef de l’Etat, qui a engagé un certain nombre d’actions, à aller encore plus en avant et de n’accorder aucun parapluie aux corrompus et aux corrupteurs.
La Rédaction

