Face à l’emballement climatique, Dar es-Salaam et l’OMS déploient le programme « Beat the Heat ». Entre protection des travailleurs et préparation de la CAN 2027, le pays tente d’ériger l’adaptation thermique en politique permanente.
Dar es-Salaam — S’hydrater, chercher l’ombre, repérer un coup de chaleur : ce qui relevait des conseils de bon sens devient le socle d’une politique nationale. La Tanzanie et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préparent le lancement de « Beat the Heat », une initiative visant à prémunir les populations contre la triple menace des vagues de chaleur, des ultraviolets et de la pollution. Mais au-delà de la sensibilisation en kiswahili et en anglais, l’exécutif entend imposer de vraies normes sanitaires.
Du message d’alerte aux ajustements structurels
Pour les promoteurs du projet, la pédagogie ne saura pallier l’absence d’infrastructures. L’enjeu est de traduire l’alerte en actions concrètes : multiplication des points d’eau potable, création d’îlots de fraîcheur urbains et renforcement des secours.
Le programme cible en priorité les plus vulnérables : travailleurs du BTP, vendeurs ambulants et agriculteurs. L’exposition continue au stress thermique y provoque déshydratation severe, risques cardiovasculaires et baisse de vigilance. L’ambition réside dans la capacité de l’État à dépasser l’injonction individuelle pour contraindre les employeurs à aménager les horaires et l’organisation des tâches lors des pics thermiques.
La CAN 2027 comme banc d’essai
La Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027 — coorganisée en juin-juillet avec le Kenya et l’Ouganda — offre un calendrier accéléré et un terrain d’expérimentation inédit. Soutenu par le Fonds d’héritage de la Coupe du monde 2022 (OMS-FIFA), le plan vise à sécuriser supporters et personnels dans des stades et fan-zones où la densité humaine amplifie le risque thermique.
En prenant les devants, la Tanzanie fait figure de pionnière. Les températures extrêmes n’y sont plus traitées comme des crises météorologiques isolées, mais comme un risque structurel durable imposant une adaptation du quotidien.
La Rédaction
Sources & Références : OMS, Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, CAF.

