Un geste chargé de symboles : dans la ville natale du fondateur du régime syrien, des hommes armés ont déterré le corps de Hafez el-Assad. Une opération clandestine qui secoue les fondations de la mémoire du pouvoir.
Le conflit syrien vient de franchir un seuil inattendu. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le corps de Hafez el-Assad, ancien président syrien et père de l’actuel dirigeant Bachar el-Assad, a été exhumé dans sa ville natale de Qardaha, dans la province de Lattaquié. C’est là, dans ce bastion historique du régime, que son mausolée a été profané.
L’opération ne serait pas l’œuvre d’un acte isolé. Elle se serait déroulée en plusieurs étapes, à travers des visites répétées, planifiées, méthodiques. Le cercueil aurait été retiré avec précaution, puis transporté vers un lieu inconnu. Aucun détail n’a filtré sur l’identité des auteurs ou leurs motivations. Mais l’impact symbolique est dévastateur pour le régime syrien, qui puise encore sa légitimité dans la figure fondatrice de Hafez el-Assad, mort en 2000.
Un silence embarrassé dans les cercles du pouvoir
L’affaire embarrasse. Le silence des autorités syriennes tranche avec la gravité de l’acte, d’autant plus que Qardaha représente bien plus qu’un simple village : c’est le berceau idéologique et affectif du clan Assad. L’attaque contre le mausolée est donc bien plus qu’une provocation : elle touche au cœur de la légende officielle, celle d’un régime forgé dans la stabilité autoritaire et le culte dynastique.
Certains médias proches de régimes alliés, comme Tunisie Numérique, ont relayé l’information avec précaution, parfois à contrecœur. Leur couverture prudente révèle les tensions sous-jacentes entre l’héritage du clan Assad, les alliances régionales actuelles, et les dynamiques internes à la Syrie post-2011.
Un régime fragilisé dans ses fondements
Dans une Syrie toujours en ruines, fracturée par la guerre et les rivalités, cette exhumation pourrait avoir des conséquences profondes. Elle marque peut-être la fin d’une ère où le nom d’Assad suffisait à imposer le respect – ou la peur. Le message envoyé, bien que clandestin, est clair : même les morts ne sont plus intouchables.
La Rédaction

